L’homéopathie

Par:

 

Samuel Hahnemann est né le 17 avril 1755 en Allemagne. Adulte, il devient médecin et exercera aussi les métiers de chimiste, traducteur et écrivain. Déçu de la pratique traditionnelle de la médecine de l’époque qui consiste à compartimenter le corps humain, il se consacre rapidement à ses propres expériences. Il expérimente méthodiquement toutes les substances pouvant devenir des médicaments. Il fut ainsi le premier à expérimenter l’action pharmacodynamique des médicaments.

 

Hahnemann met en pratique ses principes d’homéopathie à partir de 1796, mais c’est à compter de 1800 qu’il commence véritablement à la pratiquer. À partir de cette date, il garde toutes ses observations dans ses livres de cas, les journaux de malades, etc. C’est à Leipzig que seront formés ses premiers disciples, tels que Stapf, Gross, Moritz et Wilhem Müller. Aussi c’est en 1811 qu’il publie La Matière médicale pure.

 

Hahnemann, qu’on surnomme le père de l’homéopathie a découvert qu’en diluant et en dynamisant des remèdes (parfois les mêmes substances utilisées par l’apothicaire c.-à-d. le pharmacien), il arrive ainsi à soigner ses patients en profondeur. Il est très tôt convaincu que l’être humain n’est pas seulement matière, mais qu’il est aussi énergie (donc vibration). Le fait de diluer et de dynamiser ainsi les remèdes homéopathiques fait en sorte que leur toxicité est pratiquement nulle et qu’il arrive ainsi à toucher à la sphère physique, psychique et matérielle de l’humain. La dilution et la dynamisation étant indissociables et étant l’ensemble des opérations qui amènent le médicament de l’état pondérable (qui a une masse mesurable) à l’état infinitésimal (qui est infiniment petit) ainsi que l’action de le rendre dynamique, crée un remède unique. Celui-ci est toujours brassé 100 fois à chaque nouvelle dilution, 1CH, 2CH, 3CH, etc. Plus, la dilution est élevée, par exemple 30CH, moins il y aura de matière dans sa composition initiale, le remède devient alors énergétique et vibratoire. Par la suite, il est important de redynamiser le remède lorsqu’il sera consommé pour un traitement soit en brassant le tube de granules ou en brassant la bouteille d’eau dans laquelle auront été mises les granules homéopathiques afin de lui redonner son plein potentiel. Cette nouvelle médecine est pour Hahnemann, une révolution.

L’homéopathie se base sur la prémisse que le corps possède en lui la force de générer un processus naturel de guérison par sa propre énergie vitale. À partir de cette prémisse, Hahnemann soutenait qu’il importait plus de trouver les moyens de stimuler le processus naturel de guérison inhérent à tout organisme vivant que de connaître l’agent pathogène spécifique ou le diagnostic.

Ainsi, l’homéopathe s’efforce de découvrir minutieusement tous les symptômes du patient afin de déclencher ou de soutenir le processus de guérison correspondant. Le praticien cherchera donc à savoir quand et comment les symptômes se manifestent, ce qui les amplifie ou en diminue l’intensité, les heures où ils apparaissent, les actions qui les exacerbent ou les soulagent, etc. C’est ce qu’on appelle pratiquer l’homéopathie uniciste, travailler avec un remède à la fois.

Le terme homéopathie veut dire :

Homéo : semblable, similaire

Pathos : malade, affection

 

Ses trois lois sont :

Loi de similitude : Si un individu en santé ingère une substance administrée à forte dose, cela provoquera chez lui des symptômes particuliers. Si cette même substance est prise à une dose infinitésimale (infiniment petite) et est dynamisée, elle pourra faire résonance avec les mêmes symptômes chez un individu qui en serait atteint et ainsi les faire disparaître.

Loi de l’infinitésimalité : Des substances d’origine soit végétale, animale, minérale ou chimique sont d’abord macérées afin d’obtenir une teinture mère de laquelle on prélève une goutte que l’on diluera et dynamisera. Ce processus sera répété jusqu’à l’obtention de la dose infinitésimale désirée.

Loi d’individualisation : L’homéopathie considère chaque individu comme un être unique ayant ses propres symptômes psychiques et physiques et son propre terrain héréditaire. Devant la maladie, chacun réagit à sa manière.

 

La théorie des miasmes

Quelque chose se cache sous les couches apparentes de nos maux. Samuel Hahnemann, en était convaincu. Il y a 200 ans, il nomma « miasmes » ces « modèles énergétiques » à l’origine de l’ensemble de nos maladies chroniques. Il identifia alors trois miasmes fondamentaux : la psore (issue de la gale), la sycose (issue de la gonorrhée) et la luèse (issue de la syphilis). Ces miasmes se combinent entre eux, s’aggravent, se compliquent et se transmettent de génération en génération.

Cette théorie des miasmes reste jusqu’à ce jour la seule explication scientifique cohérente à la récurrence obstinée et à la transmission de maladies toujours plus nombreuses et pernicieuses. En comprenant la nature des miasmes, leurs manifestations et leur développement, nous pouvons découvrir les racines profondes de nos problèmes de santé.

 CATALYSEURS D’ÉNERGIE

L’observation clinique a permis d’associer à chacun des miasmes des signes physiques et des états d’esprit caractéristiques. Pour nous libérer de nos blocages et faire reculer nos frontières intérieures, l’homéopathie utilise donc des remèdes spécifiques pour traiter les miasmes. Ces remèdes individualisés agissent comme des catalyseurs.

LA PSORE

La psore, c’est le miasme fondamental, la faille énergétique originelle, la prédisposition de base aux nombreuses maladies de l’humanité. En effet, les premières maladies chroniques affectaient la peau. Elles n’ont pas cessé de se compliquer depuis, pénétrant progressivement à l’intérieur de l’organisme pour atteindre la cellule, l’infiniment petit. Les maladies auto-immunes d’aujourd’hui illustrent bien cette évolution.

La psore est née de la suppression des maladies de la peau, ou plutôt de la tentative de les éliminer. En apparence, la maladie semble guérie, mais, en réalité, on n’en a pas détruit la racine. Les nombreux cas d’eczéma infantile suivis d’asthme quelques années plus tard en sont un bon exemple.

Les maladies dites psoriques consistent au départ en des éruptions cutanées accompagnées de démangeaisons. Elles se compliquent chez la personne qui en est atteinte ou chez ses descendants et peuvent générer une grande diversité de réactions organiques, en réponse à des agressions externes comme les abus ou carences alimentaires, les passions désordonnées, le climat, l’hérédité, etc. Ces dérèglements touchent l’ensemble des organes et de leurs fonctions. Ils peuvent se traduire exemple par des affections cutanées, des désordres nerveux, mentaux, sensoriels, digestifs, respiratoires, hépatiques, etc.

Progressivement, l’organisme s’épuise. Il devient de plus en plus vulnérable aux attaques multiformes de la psore. Ce combat entre nos forces de santé et ce karma pathologique est l’écho d’un état psychique psorique bien particulier.

LA SYCOSE

Le syndrome sycotique prend racine dans la tentative de suppression des symptômes de la gonorrhée. La sycose nous est transmise par un contact sexuel direct ou de façon héréditaire. L’influence sycotique catalyse les effets des maladies psoriques, ajoutant de ce fait à leur morbidité. Elle induit une déficience des réactions métaboliques, un affaiblissement du pouvoir immunitaire qui s’exprime paradoxalement par de l’hypersécrétion et une tendance à l’hyperplasie et aux excroissances de toutes sortes. C’est comme si l’organisme, pour compenser le déséquilibre, en faisait trop : allergies, infections de nature oto-rhino-laryngologique, kystes, fibromes, verrues, condylomes, etc. Les maladies psoriques s’aggravent par la contamination sycotique, et le pronostic devient de plus en plus incertain à mesure que la force vitale épuise ses ressources.

LA LUÈSE

Le miasme luétique provient d’un traitement, chez soi ou ses ancêtres, qui n’a éliminé que les symptômes externes d’une syphilis sans s’attaquer à sa dimension cachée et transmissible. Ce miasme, comme les autres, ne transmet pas les symptômes primaires de la maladie, mais bien la programmation à développer un ensemble de tendances pathologiques caractéristiques. La luèse est le miasme le plus néfaste qui soit. Son action est si intense, profonde et complète que nos mécanismes de défense s’avouent impuissants à la surmonter. Les atteintes pathologiques impliquent des dégénérescences physiques, nerveuses et mentales, la destruction des tissus superficiels et profonds et des dommages irréversibles aux organes essentiels. Il entraîne des ulcères, une destruction des cellules nerveuses, des attaques auto-immunologiques, des pathologies cardiaques, etc. La maladie d’Alzheimer, le sida, etc. sont des maladies redevables à la luèse.

MIASMES MODERNES

Depuis Hahnemann, d’autres homéopathes ont postulé l’existence de nombreux miasmes, comme la tuberculose, le cancer ou la malaria. Ils avancent l’hypothèse de la création de miasmes modernes par l’homme, à travers l’utilisation de tous les polluants modernes internes et externes… Les dynamiques miasmatiques façonnent notre santé parce qu’elles s’inscrivent dans les profondeurs méconnues de la nature humaine. C’est à ce niveau, là où se créent les liens de cause à effet entre le corps et l’esprit, la santé et la maladie, la vie et la mort, que peuvent agir les remèdes homéopathiques bien recommandés pour nous aider à nous libérer de nos maladies.

 

Après une existence de travail acharné, Hahnemann meurt le 2 juillet 1843 à l’âge de 88 ans. Il nous a légué ses différentes éditions de « L’Organon, l’art de guérir », écrits extrêmement inspirants et aidants pour tout homéopathe! En quelque sorte grâce à lui, il existe environ 650 remèdes homéopathiques à ce jour.

 

Pour conclure cet article sur les origines et les fondements de l’homéopathie, et puisque le sujet qui nous intéresse ici est la naissance, je partage avec vous un petit protocole homéopathique pouvant être aidant pour l’accouchement. Ce n’est pas nécessairement une formule à utiliser automatiquement pour tous les accouchements, mais je constate depuis plusieurs années qu’il accompagne fort bien la femme qui s’apprête à donner naissance…

 

 

Protocole homéopathique pour l’accouchement

 

Dans ce protocole, les dilutions K (Korsakoviennes) sont proposées parce que je travaille en grande partie avec celles-ci dans ma pratique. Par contre, elles peuvent être remplacées par les dilutions CH (Hahnemaniennes). Pour la 30K, on utiliserait la 9CH et pour la 200K, la 15CH.

 

Avant l’accouchement, pour aider l’induction naturelle du travail dans les derniers temps, si le travail est mûr (à partir de 38 semaines lors d’un accouchement prévu à terme) :

CAULOPHYLLUM 30K : dilatation du col

ACTEA RACEMOSA et PULSATILLA 30K : contractions efficaces et bonne expulsion du bébé

GELSEMIUM 200K : trac et anticipation de l’accouchement

-Mettre 3 granules de chaque remède dans une bouteille de 500 ml d’eau. Bien brasser la bouteille avant chaque gorgée afin de redynamiser le mélange. Boire une dizaine de gorgées par jour.

 

Pendant l’accouchement, pour aider à son bon déroulement :

Les trois mêmes remèdes précédents avec l’ajout de CHAMOMILLA 30K : spasmes utérins, antidouleur.

Suivre les instructions ci-haut. Boire une gorgée toutes les 5-10 minutes, et ce dès le début du travail d’accouchement.

 

Après l’accouchement pour aider les réparations (contusions, déchirures s’il y en a, etc.) et les tranchées utérines :

ARNICA MONTANA en 30K : réparation des tissus, réduit les risques d’hémorragie et soigne les contusions internes/externes.

CHAMOMILLA en 30K

Une bouteille de 500ml d’eau mélangée avec ces 2 remèdes. Gorgées fréquentes qu’on espace quand la douleur s’apaise. Peut être pris pendant quelques jours.

 

CAS SPÉCIAUX :

Pour une grande perte de liquides vitaux : CHINA 30K.

 

Pour soigner une infection : PYROGENIUM 30K.

 

Pour aider un bébé à se retourner s’il est en siège avant l’accouchement : PULSATILLA 200K.

 

Lors d’un travail long et difficile : SULFUR 30K peut être d’un bon secours.

 

Les nouveau-nés peuvent être traités par l’homéopathie, le traitement est doux et efficace, si bien recommandé.

 

Même si la maman reçoit une épidurale ou d’autres analgésiques pendant le travail, elle peut continuer à prendre l’homéopathie tel qu’indiqué ci-haut sans problème.

 

Pour une cliente qui a tendance à faire des hémorragies en post-partum : CHINA 30K, ARNICA 30K, PHOSPHORUS 30K et MILLEFOLLIUM 30K.

 

Pour cicatrice de césarienne : ARNICA MONTANA 30K et STAPHYSAGRIA 30K.

 

J’espère que ces informations vous seront utiles.

Bonne continuité dans vos études, vous faites un travail magique et tellement apprécié en croyant que les femmes ont tout ce qu’il leur faut pour accoucher naturellement. C’est toujours un immense plaisir pour moi de travailler avec les sages-femmes.

 

 

Sources :

Écrits de Samuel Hahnemann

Sylvie Gendre, directrice et enseignante à l’École d’Homéopathie Classique de Trois-Rivières

L’origine de nos maux, tiré de « La Médecine des femmes » de Mona Hébert

Wikipédia

L’homéopathie retrouvé sur Passeportsante.net

 

 

 

Marie-Andrée Beaumier

Marie-Andrée BeaumierMarie-Andrée Beaumier est homéopathe uniciste et accompagnante à la naissance depuis près de 10 ans. Elle travaille en soutien à l’allaitement depuis 16 ans. Elle est mariée et a deux enfants. Elle habite la région de Lanaudière.


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