BLOG

standard

Les examens vaginaux: l’art d’observer pour mieux les réduire

Lors de la première édition du YoniFest, j’ai eu le grand honneur d’être invitée à présenter un atelier intitulé « Les examens vaginaux : l’art d’observer pour mieux les réduire ». Les organisatrices avaient eu vent, via certaines étudiantes ayant travaillé avec moi, que je cogitais la valeur et l’impact (positif et négatif) des examens vaginaux, communément appelés TV.

 

Au fil de mes années de pratique, je me suis imposé le devoir d’observation. Regarder comment font les femmes à l’accouchement, repérer les signes du travail intérieur qui se fait, même subtils, me laisser être témoin des danses et des chansons qu’elles offrent. J’ai choisi de mettre tous mes sens en mode ouverture. Puis, tous ces savoirs se sont doucement ancrés, me permettant d’évaluer la progression du travail autrement. De façon holistique. J’ai appris à décoder les signaux émis par la mère et son enfant en travail, me permettant par conséquent de diminuer significativement le nombre de TV.

 

Attention. En toute humilité, permettez-moi de vous mettre en garde. Ce n’est pas quelque chose qui peut se développer rapidement. C’est tranquillement, au fil des années, que l’on peut mettre en opération le résultat de nos observations. Chaque naissance nous apprend quelque chose. C’est le gain d’expérience qui nous permet de sortir un peu plus des sentiers battus, cliniquement parlant.

 

Verser dans un extrême comme dans l’autre n’a rien de sain. L’idée est plutôt d’analyser les signes qui nous donnent des informations; c’est de d’abord tenir pour acquis que le corps de la femme sait quoi faire. Et qu’il sait nous le dire! C’est faire confiance en ce corps comme nous demandons à la femme de le faire.

 

Je vous propose donc de commencer (ou de poursuivre) l’observation consciente de la magie de la naissance. Laissez-vous émerveiller. Telle une enfant. Ouvrez vos yeux, votre cœur, vos oreilles et votre 6e sens. Bien sûr, vous aurez à corréler vos impressions avec les actes techniques, dont les TV. Et c’est comme ça que vous pourrez constater que telle ou telle manifestation chez la femme est bien souvent associée à un tel niveau de progression.

 

Lors de mon atelier intégral, j’ai abordé la validité, la précision, les indications, les impacts, les controverses au sujet des examens vaginaux. Je ne peux malheureusement pas me permettre d’ouvrir totalement cette intéressante boite de Pandore en si peu de mots.

 

LES FEMMES ET LEUR INSTINCT

 

Je commencerai avec un petit élan éditorialiste…

Un TV, c’est une information ponctuelle. Au même titre qu’un monitorage fœtal. Ça nous donne l’information pour ici maintenant. Nous ne pouvons pas savoir comment était la dilatation il y a 30 minutes ni comment elle sera dans 2 heures. Le TV n’est pas prédictif, quoique souvent, mais pas toujours, ça peut nous donner une idée… à la femme aussi d’ailleurs, qui peut aussi vivre de la déception si le travail n’évolue pas comme elle l’avait envisagé. Utiliser le résultat d’un TV pour déterminer le début du 2e stade est tout aussi non juste. Au moment où le TV est fait, la femme est peut-être déjà complète depuis une heure…!

 

Cela amène d’ailleurs mon point suivant. Les stades du travail, définis clairement en durée, reposent sur le résultat d’évaluations tactiles du col de l’utérus par un professionnel de la santé. Il est peu fréquent qu’une femme le fasse elle-même. Donc pour qualifier un travail, le corps médical a privilégié le « savoir » des professionnels de la santé au détriment du savoir des femmes à propos de leur corps et de leur propre processus d’accouchement. Pourquoi ne pas proposer un amalgame des deux?

 

Nous demandons aux femmes d’écouter leur corps, de faire confiance à leur corps. N’est-ce pas un peu contradictoire? En mettant l’accent sur la progression évaluée par des TV, nous n’aidons pas les femmes à comprendre ce qui se passe dans leur corps. Et c’est tellement fortement implanté culturellement que les femmes n’osent pas donner toute l’importance qu’elles devraient à leur instinct. C’est comme la fable des Habits de l’empereur : le corps médical a fini par ancrer cette définition théorique de la progression du travail. Les femmes savent ce qui se passe dans leur corps. Pourtant, souvent elles doutent et se remettent en question. C’est une triste suite logique puisque la majorité des intervenants minimisent leur savoir expérientiel, le senti charnel et leur instinct de mère. Alors les femmes demeurent avec leurs questionnements intérieurs en s’en remettant au « savoir » des doigts du professionnel qui leur indique comment se déroule leur travail. Je nous propose d’écouter les femmes et surtout, de les amener à verbaliser ce qu’elles sentent, ce qu’elles perçoivent dans leurs entrailles. Cette femme qui accouche, c’est elle l’experte de son accouchement. Idéalement, il faudrait jumeler ces trois éléments : le senti de la femme, les observations de la sage-femme et les outils plus techniques, dont le TV.

 

 

OUTILS POUR ÉVALUER LA PROGRESSION DU TRAVAIL 

 

L’observation des signes naturels de progression nous demande de la patience, de la confiance et du lâcher-prise. Mais constater que nous n’avons pas exclusivement besoin des TV pour suivre l’évolution des accouchements est un sentiment vraiment beau, un éloge à la force de la nature. Pour maximiser l’apprentissage, je vous encourage à en parler entre collègues. Partagez vos découvertes. Nous pourrons ainsi majorer la liste des signes observables!

 

Avant le travail et/ou lors de la phase de dilation du col :

 

  • Palpation abdominale :
    • évaluer approximativement la station foetale
    • la présentation foetale
    • la position du bébé en palpant le dos et les membres
    • estimation du poids fœtal, en sachant que ce n’est pas si précis

 

  • Auscultation du cœur fœtal :
    • Le site le plus clair indique la position du bébé, le foetoscope le rend mieux. Entendu vers le flanc maternel : bébé en postérieur probable. CF entendu haut, plus loin de la fosse iliaque : station haute.
    • Le changement de site nous parle de la rotation du bébé. À la dilatation complète, le CF est perçu centré et à peine sus-pubien, traduisant une station assez basse.
    • Un CF avec un son plus « soufflé » peut nous faire penser à la présence d’un circulaire.
  • Contractions :
    • Fréquence : habituellement, de plus en plus fréquentes au fil du travail. S’espacent à la dilatation complète, au début de la latence du 2e
    • Durée : augmente aussi graduellement. Travail actif = 45 sec ou plus règle générale. Encore là, il faut voir l’ensemble du tableau, certaines femmes accouchant avec des CU de 30 sec.
    • Lors de non-progression : l’allure des CU ne change pas malgré les heures qui passent. On attend l’autre phase, le changement de rythme, mais il ne vient pas.
    • Allure générale : bigéminées? peuvent indiquer un bébé en postérieur.
    • Intensité : réflexion intéressante à se faire sur le moyen de vérifier l’intensité : est-ce vraiment si clair et si juste à la palpation? Les femmes avec un surplus de poids pour le moins, je ne suis pas sûre. Personnellement, les signes neuropsychologiques me parlent beaucoup.

 

  • Signes neuropsychologiques et allure générale de la femme : au fil du travail, ces signes sont de plus en plus présents. Endorphines, yeux qui « virent », état de conscience plus altéré, moins de paroles, marmonne, femme concentrée et dans sa bulle, dort et parfois ronfle entre les CU, mange moins, va uriner plus, a chaud, donne des commandements de plus en plus brefs.
  • Sons : les sons changent, la respiration est plus sonore. Au début de la poussée spontanée, la respiration et le son se coupent, et un mini-grognement s’ajoute. C’est subtil.
  • Le sacrum s’ouvre en phase de transition, il bombe. Cela est perceptible au toucher et même visuellement.

 

En fin de dilatation : complète ou pas?

 

  • La femme entre dans un état de transe profond. Elle accède à son cerveau reptilien, son cerveau primitif. Elle cherchera probablement à trouver un endroit où elle est bien, son refuge. Elle appréciera la pénombre.
  • Elle ferme ses yeux la majorité du temps, sinon la totalité.
  • La femme dit qu’elle sent le besoin de pousser. Invitez-la à laisser aller son corps, rassurez-la. Il y aura un temps où elle ne sentira pas seulement pousser et on verra apparaitre les premiers efforts expulsifs involontaires. Si ces poussées ne surviennent qu’au pic de la CU, la dilation s’achève, mais n’est probablement pas complète. Lorsque la femme poussera spontanément dès le début de la CU, durant toute la CU et à chacune d’entre elles, la dilatation est habituellement complète.
  • Si vous observez du « spotting » rouge vif, la dilatation progresse bien et la poussée n’est pas si loin. Puis le « spotting » cesse pour faire place aux longues glaires rouges. Elles pendent à la vulve et annoncent une dilatation complète, dans certains cas un 9+. C’est un signe qui me parle beaucoup. C’est celui qui parfois me fait sursauter : « hein? Les glaires rouges? Déjà la dilatation complète! »
  • Une ligne rouge foncé apparait entre l’anus et le haut des fesses lorsque la dilatation est complète.
  • L’anus bombe et cela indique le niveau de descente du bébé dans le bassin. L’anus peut toutefois bomber dans d’autres circonstances (on peut faire bomber son anus en poussant vers le bas), il faut idéalement corréler cette information avec le reste du tableau clinique.
  • Des consoeurs SF m’ont aussi parlé de vibrations rapides visibles sur le bas ventre, comme un tremblement localisé.
  • Des selles sont involontairement évacuées. Il est clair que la dilatation est complète depuis un bail, la tête du bébé comprime à ce moment l’ampoule rectale de la mère. Prochaine étape : on verra apparaitre le bout de la tête de bébé.

 

À travers toute cette passionnante cueillette d’informations cliniques, je vous invite à déranger la femme le moins possible. Respectons le silence. Évitons de la toucher, au besoin utilisons un miroir subtilement pour mieux voir si une partie nous semble pertinente à regarder.

 

LA LATENCE DU 2E STADE

 

Il est important que durant tout le travail, mère et bébé travaillent ensemble. Et c’est durant cette phase-ci qu’ils complètent leur danse, leur arrimage vers le sprint final. L’utérus moule le bébé l’amenant doucement à s’engager dans le canal vaginal. Ici, si on ne perturbe pas le processus naturel, on observera une phase de quiétude. Les contractions s’espacent… la mère somnole, elle a les yeux fermés et est bercée par les endorphines. C`est la latence de la fin de dilatation… ou du début de la poussée. On parle de la même chose!

 

Et maintenant, j’aurais pu discuter de la progression au deuxième stade… quoique la progression du deuxième stade en soi mériterait un atelier! Partie remise. J’aurais voulu aussi vous parler de la bande de col et de différentes situations en travail dont la latence et la rupture prématurée des membranes… les sujets sont infinis.

 

Poursuivre notre apprentissagE

 

Tout ce discours est beau en paroles, mais peut vous sembler ardu à intégrer dans votre pratique. C’est défaire quelques idées reçues et faire plus de place à la confiance et à l’instinct. Augmenter ses compétences intuitives comme sage-femme, c’est se réconcilier avec les inconnus de la naissance. Régulièrement, il faut se parler, se répéter les mêmes phrases que l’on dit aux femmes : « le corps sait comment faire », « ton corps est capable de donner naissance ». Avant de faire chaque geste (sauf en urgence bien sûr!), questionnez-vous : est-ce pertinent?

 

Et lorsque vous choisissez de faire un TV, aussi bien le faire pour la peine : il faut prendre le temps de bien le faire. Faire des gestes doux et respectueux, opter pour une position optimale et en tirer le maximum d’informations. Et idéalement… bien les utiliser ensuite.

 

Bonne observation. Bonnes découvertes!

 

Sandra DeMontigny

Sandra DeMontigny est la responsable sage-femme à la maison de naissance Mimosa à St-Romuald.

 

standard

Physiologic Postpartum Care: Re-Membering our Global Postpartum Tradition

Physiologic Postpartum Care: Re-Membering our Global Postpartum Tradition

par Rachelle Garcia Seliga, CPM

 

The original postpartum traditions throughout the world while specific to the cultural context in which they come—all share deep, common roots. Postpartum traditions all mandate: heat-inducing therapies; an extended resting period; specific foods that are warming in nature and easy to digest; and bodywork. These commonalities of postpartum traditions throughout the world are not a coincidence—these traditions are rooted in our physiologic design. Our ancestors understood this design and their postpartum traditions were born from this understanding.

 

As humans, we have a physiologic blueprint that shows us how to optimally care for ourselves. My elders call this blueprint our ‘original instructions.’ Others know this blueprint as our ‘divine design.’ From birth all the way through death, most of us in the modern world have strayed far from our physiologic blueprint or ‘original instructions.’ Because of this, ill health abounds within our bodies and Planet.

When we pay attention to and follow what nature has so perfectly mapped out for us, we actually have an easeful, straightforward map to health.

 

‘Physiologic Birth’ is now widely understood in the birth community and defined as: “Birth that is powered by the innate human capacity of the woman and fetus. This birth is more likely to be safe and healthy because there is no unnecessary intervention that disrupts normal physiologic processes.”

 

The same phenomenon is true for the postpartum period. We have a PHYSIOLOGIC design of what our needs are postpartum in order for optimal results to be achieved. The optimal results in regards to the postpartum period, is not just the survival of Mother and baby—but it is the THRIVING of Mother and baby. We have been surviving as Mothers and babies in modern times—but on a whole we have not been thriving.

 

When we put ‘Physiologic Postpartum Care’ into practice, women are best able to care for their children and their families. When families are cared for and flourishing, so are our communities. When our communities are flourishing, so too is our world. Physiologic Postpartum Care is one of the most effective ways to properly care for the future generations.

Rachelle-photoarticle2

In many of these ancient postpartum traditions it is said that: How women are cared for during the postpartum period will directly affect their health through menopause and beyond. This connection between postpartum and postmenopausal health can be found in a myriad of ways; one of them explained here by Doctor Deborah Lyon and the Global Library of Women’s Medicine:

A growing volume of literature on pelvic floor health implicates childbirth as the initiation of a whole host of conditions. These conditions include but are not limited to the following: stress urinary incontinence, incontinence of flatus or feces, uterine prolapse, cystocele (bladder prolapsing into vagina), and rectocele (rectum prolapsing into vagina). Many variables affect the duration and severity of these pelvic conditions, including the health of a woman’s vaginal tissues, the size of the infant she birthed, the route of delivery, and the degree of perineal trauma that occurs. However: Even when full recovery of pelvic floor integrity appears to be the case, menopause may elicit a return of many of these problems as the collagen support of estrogen is withdrawn.

What this means, is that the Estrogen levels we experience during our childbearing years may –mask—the symptoms of pelvic floor dysfunction, until we reach our menopausal years and estrogen levels drop. The pelvic symptoms that we then become aware of as we enter into menopause, have often actually been there since birthing our babies.

Postpartum pelvic work dissolves fascial restrictions within the pelvic musculature, as well as resolves scar tissue and adhesions. This pelvic work during the postpartum period assures women’s life-long sexual, urinary and bowel health. Pelvic floor work after birth also reestablishes synergy and vitality in the pelvic bowl, fortifying a woman’s root place. Of interest to note here: the French government currently covers the expense for each woman to have 10-20 pelvic physical therapy sessions after birth, known as ‘la reeducation perineale.’

The above examples are just one aspect of our pelvic health postpartum that needs tending. And pelvic health is just one aspect of a holistic-system of care that women need to be receiving in the postpartum period.

I believe that when we understand the physiology of the postpartum time and how it affects our life-long health as women—we as women, birth workers and health care professionals will make postpartum care a priority. When we truly understand something and its implications, we are more likely to value and take care of it.

The time is here for us to see postpartum care as a necessity and not a luxury. In the same way we want the best for our health when we are pregnant—we need to demand the same in the postpartum period. There is a cultural denial of self-care in our modern world and self-care truly is the way to respect and honor the tremendous work that is Mothering. Self-care during the postpartum period sets the stage for us to mother with dignity for the whole of our lives.

 

We women are the foundation, the Soul of the people—when we are thriving, our people thrive. I see us bringing together the wisdom of all our ancestors, carrying forth into the future those traditions that serve the highest good of life. May we begin with the tradition of birth, as our rite of passage and postpartum, our tradition of integration into a new life.

 

standard

L’homéopathie

 

Samuel Hahnemann est né le 17 avril 1755 en Allemagne. Adulte, il devient médecin et exercera aussi les métiers de chimiste, traducteur et écrivain. Déçu de la pratique traditionnelle de la médecine de l’époque qui consiste à compartimenter le corps humain, il se consacre rapidement à ses propres expériences. Il expérimente méthodiquement toutes les substances pouvant devenir des médicaments. Il fut ainsi le premier à expérimenter l’action pharmacodynamique des médicaments.

 

Hahnemann met en pratique ses principes d’homéopathie à partir de 1796, mais c’est à compter de 1800 qu’il commence véritablement à la pratiquer. À partir de cette date, il garde toutes ses observations dans ses livres de cas, les journaux de malades, etc. C’est à Leipzig que seront formés ses premiers disciples, tels que Stapf, Gross, Moritz et Wilhem Müller. Aussi c’est en 1811 qu’il publie La Matière médicale pure.

 

Hahnemann, qu’on surnomme le père de l’homéopathie a découvert qu’en diluant et en dynamisant des remèdes (parfois les mêmes substances utilisées par l’apothicaire c.-à-d. le pharmacien), il arrive ainsi à soigner ses patients en profondeur. Il est très tôt convaincu que l’être humain n’est pas seulement matière, mais qu’il est aussi énergie (donc vibration). Le fait de diluer et de dynamiser ainsi les remèdes homéopathiques fait en sorte que leur toxicité est pratiquement nulle et qu’il arrive ainsi à toucher à la sphère physique, psychique et matérielle de l’humain. La dilution et la dynamisation étant indissociables et étant l’ensemble des opérations qui amènent le médicament de l’état pondérable (qui a une masse mesurable) à l’état infinitésimal (qui est infiniment petit) ainsi que l’action de le rendre dynamique, crée un remède unique. Celui-ci est toujours brassé 100 fois à chaque nouvelle dilution, 1CH, 2CH, 3CH, etc. Plus, la dilution est élevée, par exemple 30CH, moins il y aura de matière dans sa composition initiale, le remède devient alors énergétique et vibratoire. Par la suite, il est important de redynamiser le remède lorsqu’il sera consommé pour un traitement soit en brassant le tube de granules ou en brassant la bouteille d’eau dans laquelle auront été mises les granules homéopathiques afin de lui redonner son plein potentiel. Cette nouvelle médecine est pour Hahnemann, une révolution.

L’homéopathie se base sur la prémisse que le corps possède en lui la force de générer un processus naturel de guérison par sa propre énergie vitale. À partir de cette prémisse, Hahnemann soutenait qu’il importait plus de trouver les moyens de stimuler le processus naturel de guérison inhérent à tout organisme vivant que de connaître l’agent pathogène spécifique ou le diagnostic.

Ainsi, l’homéopathe s’efforce de découvrir minutieusement tous les symptômes du patient afin de déclencher ou de soutenir le processus de guérison correspondant. Le praticien cherchera donc à savoir quand et comment les symptômes se manifestent, ce qui les amplifie ou en diminue l’intensité, les heures où ils apparaissent, les actions qui les exacerbent ou les soulagent, etc. C’est ce qu’on appelle pratiquer l’homéopathie uniciste, travailler avec un remède à la fois.

Le terme homéopathie veut dire :

Homéo : semblable, similaire

Pathos : malade, affection

 

Ses trois lois sont :

Loi de similitude : Si un individu en santé ingère une substance administrée à forte dose, cela provoquera chez lui des symptômes particuliers. Si cette même substance est prise à une dose infinitésimale (infiniment petite) et est dynamisée, elle pourra faire résonance avec les mêmes symptômes chez un individu qui en serait atteint et ainsi les faire disparaître.

Loi de l’infinitésimalité : Des substances d’origine soit végétale, animale, minérale ou chimique sont d’abord macérées afin d’obtenir une teinture mère de laquelle on prélève une goutte que l’on diluera et dynamisera. Ce processus sera répété jusqu’à l’obtention de la dose infinitésimale désirée.

Loi d’individualisation : L’homéopathie considère chaque individu comme un être unique ayant ses propres symptômes psychiques et physiques et son propre terrain héréditaire. Devant la maladie, chacun réagit à sa manière.

 

La théorie des miasmes

Quelque chose se cache sous les couches apparentes de nos maux. Samuel Hahnemann, en était convaincu. Il y a 200 ans, il nomma « miasmes » ces « modèles énergétiques » à l’origine de l’ensemble de nos maladies chroniques. Il identifia alors trois miasmes fondamentaux : la psore (issue de la gale), la sycose (issue de la gonorrhée) et la luèse (issue de la syphilis). Ces miasmes se combinent entre eux, s’aggravent, se compliquent et se transmettent de génération en génération.

Cette théorie des miasmes reste jusqu’à ce jour la seule explication scientifique cohérente à la récurrence obstinée et à la transmission de maladies toujours plus nombreuses et pernicieuses. En comprenant la nature des miasmes, leurs manifestations et leur développement, nous pouvons découvrir les racines profondes de nos problèmes de santé.

 CATALYSEURS D’ÉNERGIE

L’observation clinique a permis d’associer à chacun des miasmes des signes physiques et des états d’esprit caractéristiques. Pour nous libérer de nos blocages et faire reculer nos frontières intérieures, l’homéopathie utilise donc des remèdes spécifiques pour traiter les miasmes. Ces remèdes individualisés agissent comme des catalyseurs.

LA PSORE

La psore, c’est le miasme fondamental, la faille énergétique originelle, la prédisposition de base aux nombreuses maladies de l’humanité. En effet, les premières maladies chroniques affectaient la peau. Elles n’ont pas cessé de se compliquer depuis, pénétrant progressivement à l’intérieur de l’organisme pour atteindre la cellule, l’infiniment petit. Les maladies auto-immunes d’aujourd’hui illustrent bien cette évolution.

La psore est née de la suppression des maladies de la peau, ou plutôt de la tentative de les éliminer. En apparence, la maladie semble guérie, mais, en réalité, on n’en a pas détruit la racine. Les nombreux cas d’eczéma infantile suivis d’asthme quelques années plus tard en sont un bon exemple.

Les maladies dites psoriques consistent au départ en des éruptions cutanées accompagnées de démangeaisons. Elles se compliquent chez la personne qui en est atteinte ou chez ses descendants et peuvent générer une grande diversité de réactions organiques, en réponse à des agressions externes comme les abus ou carences alimentaires, les passions désordonnées, le climat, l’hérédité, etc. Ces dérèglements touchent l’ensemble des organes et de leurs fonctions. Ils peuvent se traduire exemple par des affections cutanées, des désordres nerveux, mentaux, sensoriels, digestifs, respiratoires, hépatiques, etc.

Progressivement, l’organisme s’épuise. Il devient de plus en plus vulnérable aux attaques multiformes de la psore. Ce combat entre nos forces de santé et ce karma pathologique est l’écho d’un état psychique psorique bien particulier.

LA SYCOSE

Le syndrome sycotique prend racine dans la tentative de suppression des symptômes de la gonorrhée. La sycose nous est transmise par un contact sexuel direct ou de façon héréditaire. L’influence sycotique catalyse les effets des maladies psoriques, ajoutant de ce fait à leur morbidité. Elle induit une déficience des réactions métaboliques, un affaiblissement du pouvoir immunitaire qui s’exprime paradoxalement par de l’hypersécrétion et une tendance à l’hyperplasie et aux excroissances de toutes sortes. C’est comme si l’organisme, pour compenser le déséquilibre, en faisait trop : allergies, infections de nature oto-rhino-laryngologique, kystes, fibromes, verrues, condylomes, etc. Les maladies psoriques s’aggravent par la contamination sycotique, et le pronostic devient de plus en plus incertain à mesure que la force vitale épuise ses ressources.

LA LUÈSE

Le miasme luétique provient d’un traitement, chez soi ou ses ancêtres, qui n’a éliminé que les symptômes externes d’une syphilis sans s’attaquer à sa dimension cachée et transmissible. Ce miasme, comme les autres, ne transmet pas les symptômes primaires de la maladie, mais bien la programmation à développer un ensemble de tendances pathologiques caractéristiques. La luèse est le miasme le plus néfaste qui soit. Son action est si intense, profonde et complète que nos mécanismes de défense s’avouent impuissants à la surmonter. Les atteintes pathologiques impliquent des dégénérescences physiques, nerveuses et mentales, la destruction des tissus superficiels et profonds et des dommages irréversibles aux organes essentiels. Il entraîne des ulcères, une destruction des cellules nerveuses, des attaques auto-immunologiques, des pathologies cardiaques, etc. La maladie d’Alzheimer, le sida, etc. sont des maladies redevables à la luèse.

MIASMES MODERNES

Depuis Hahnemann, d’autres homéopathes ont postulé l’existence de nombreux miasmes, comme la tuberculose, le cancer ou la malaria. Ils avancent l’hypothèse de la création de miasmes modernes par l’homme, à travers l’utilisation de tous les polluants modernes internes et externes… Les dynamiques miasmatiques façonnent notre santé parce qu’elles s’inscrivent dans les profondeurs méconnues de la nature humaine. C’est à ce niveau, là où se créent les liens de cause à effet entre le corps et l’esprit, la santé et la maladie, la vie et la mort, que peuvent agir les remèdes homéopathiques bien recommandés pour nous aider à nous libérer de nos maladies.

 

Après une existence de travail acharné, Hahnemann meurt le 2 juillet 1843 à l’âge de 88 ans. Il nous a légué ses différentes éditions de « L’Organon, l’art de guérir », écrits extrêmement inspirants et aidants pour tout homéopathe! En quelque sorte grâce à lui, il existe environ 650 remèdes homéopathiques à ce jour.

 

Pour conclure cet article sur les origines et les fondements de l’homéopathie, et puisque le sujet qui nous intéresse ici est la naissance, je partage avec vous un petit protocole homéopathique pouvant être aidant pour l’accouchement. Ce n’est pas nécessairement une formule à utiliser automatiquement pour tous les accouchements, mais je constate depuis plusieurs années qu’il accompagne fort bien la femme qui s’apprête à donner naissance…

 

 

Protocole homéopathique pour l’accouchement

 

Dans ce protocole, les dilutions K (Korsakoviennes) sont proposées parce que je travaille en grande partie avec celles-ci dans ma pratique. Par contre, elles peuvent être remplacées par les dilutions CH (Hahnemaniennes). Pour la 30K, on utiliserait la 9CH et pour la 200K, la 15CH.

 

Avant l’accouchement, pour aider l’induction naturelle du travail dans les derniers temps, si le travail est mûr (à partir de 38 semaines lors d’un accouchement prévu à terme) :

CAULOPHYLLUM 30K : dilatation du col

ACTEA RACEMOSA et PULSATILLA 30K : contractions efficaces et bonne expulsion du bébé

GELSEMIUM 200K : trac et anticipation de l’accouchement

-Mettre 3 granules de chaque remède dans une bouteille de 500 ml d’eau. Bien brasser la bouteille avant chaque gorgée afin de redynamiser le mélange. Boire une dizaine de gorgées par jour.

 

Pendant l’accouchement, pour aider à son bon déroulement :

Les trois mêmes remèdes précédents avec l’ajout de CHAMOMILLA 30K : spasmes utérins, antidouleur.

Suivre les instructions ci-haut. Boire une gorgée toutes les 5-10 minutes, et ce dès le début du travail d’accouchement.

 

Après l’accouchement pour aider les réparations (contusions, déchirures s’il y en a, etc.) et les tranchées utérines :

ARNICA MONTANA en 30K : réparation des tissus, réduit les risques d’hémorragie et soigne les contusions internes/externes.

CHAMOMILLA en 30K

Une bouteille de 500ml d’eau mélangée avec ces 2 remèdes. Gorgées fréquentes qu’on espace quand la douleur s’apaise. Peut être pris pendant quelques jours.

 

CAS SPÉCIAUX :

Pour une grande perte de liquides vitaux : CHINA 30K.

 

Pour soigner une infection : PYROGENIUM 30K.

 

Pour aider un bébé à se retourner s’il est en siège avant l’accouchement : PULSATILLA 200K.

 

Lors d’un travail long et difficile : SULFUR 30K peut être d’un bon secours.

 

Les nouveau-nés peuvent être traités par l’homéopathie, le traitement est doux et efficace, si bien recommandé.

 

Même si la maman reçoit une épidurale ou d’autres analgésiques pendant le travail, elle peut continuer à prendre l’homéopathie tel qu’indiqué ci-haut sans problème.

 

Pour une cliente qui a tendance à faire des hémorragies en post-partum : CHINA 30K, ARNICA 30K, PHOSPHORUS 30K et MILLEFOLLIUM 30K.

 

Pour cicatrice de césarienne : ARNICA MONTANA 30K et STAPHYSAGRIA 30K.

 

J’espère que ces informations vous seront utiles.

Bonne continuité dans vos études, vous faites un travail magique et tellement apprécié en croyant que les femmes ont tout ce qu’il leur faut pour accoucher naturellement. C’est toujours un immense plaisir pour moi de travailler avec les sages-femmes.

 

 

Sources :

Écrits de Samuel Hahnemann

Sylvie Gendre, directrice et enseignante à l’École d’Homéopathie Classique de Trois-Rivières

L’origine de nos maux, tiré de « La Médecine des femmes » de Mona Hébert

Wikipédia

L’homéopathie retrouvé sur Passeportsante.net

 

 

 

standard

11 choses à savoir sur les soins de plaies en pratique sage-femme

11 choses à savoir sur les soins de plaies en pratique sage-femme

*Ce texte fait suite à la journée de formation offerte en novembre 2015 par Mme Chantale Labrecque Inf. M.Sc. Aujourd’hui consultante pour les établissements d’enseignement, les centres de santé et les compagnies de produits et de pansements, elle enseigne les soins de plaies dans 3 universités québécoises. Les informations qui suivront sont basées sur les enseignements reçus lors de la journée de formation. Ces conseils ne sont pas adaptés à des problèmes ou infections complexes qui peuvent nécessiter des traitements médicaux plus poussés.

 

1- L’humidité est un facteur majeur dans le processus de cicatrisation

Il est important de conserver des pansements propres qui permettent une humidité optimale et d’éviter de les retirer prématurément. Pour une plaie de césarienne par exemple, on parle de 7 à 10 jours! L’humidité stimulera l’activité cellulaire et l’angiogenèse (formation de nouveaux vaisseaux sanguins), favorisera le débridement autolytique (l’élimination physiologique spontanée des tissus nécrotiques), stimulera l’activité des macrophages, diminuera le taux d’infection et diminuera la douleur. Package deal, on ne s’en passe pas!

 

2- La cicatrisation s’effectue en 4 phases

 

  1. L’hémostase (ou la phase de coagulation). Cette phase dure de 5 à 10 minutes. Elle est caractérisée par la vasoconstriction et l’agglutination de plaquettes.
  2. L’inflammation. Cette phase dure de 2 à 5 jours. Elle limite l’effet des bactéries en neutralisant leur croissance. Attention, cette étape pourrait ressembler à l’infection!
  3. La prolifération. Dure de 3 à 21 jours (plus que ça : soupçonner un problème sous-jacent). Elle est caractérisée par la granulation (formation de petits ilots rouge framboise), la contraction (la fermeture de la plaie) et l’épithélialisation (peau ‘’neuve’’ rose nacrée).
  4. La maturation. Dure de 21 jours à 2 ans. La coloration du nouveau tissu se modifie (par exemple, les vergetures pâlissent).

 

3- Les sutures et agrafes doivent rester en place de 7 à 10 jours pour un résultat optimal

 

« Ne toussez surtout pas, madame ».

Cette femme arrive en consultation avec une « belle » plaie de césarienne. Après 2 jours, on lui a retiré les agrafes afin d’éviter les conséquences esthétiques des dites agrafes. On a quand même pris soin d’ajouter un « tape » à suture et on laisse à l’air libre.

 

Vous vous doutez bien qu’il y a plus d’un problème dans ce scénario! Concernant l’air libre, je vous dirige au point 1 du présent texte!

 

En effet, bien que ça soit une pratique assez courante en milieu hospitalier, retirer les agrafes ou les sutures après 2 jours (ou même jusqu’à 5 jours) est fort prématuré. Si l’on se réfère aux phases de la cicatrisation, l’on constate que nous sommes toujours en phase d’inflammation. Les tissus et les liens nouvellement formés sont excessivement fragiles. L’on recommande plutôt d’attendre de 7 à 10 jours avant de retirer les « points », même si la cicatrice vous semble belle.

 

En ce qui concerne les « tapes », ils ont été conçus pour maintenir l’épiderme seulement, ils ne peuvent rien pour les plaies plus profondes (telles que les plaies de césarienne). « Ne toussez surtout pas, madame, car vous risquez la déhiscence », c’est-à-dire, l’ouverture spontanée des lèvres de la plaie, pas jojo.

 

Les plaies issues des agrafes peuvent laisser des marques plutôt impressionnantes après leur cicatrisation. Cependant, ceci n’a rien à voir avec le temps qu’elles ont été laissées en place. Les marques demeurent parce que les agrafes ont atteint le derme profond. C’est la même chose pour les vergetures, elles ont lieu dans le derme profond, c’est pour cela qu’elles « restent » et qu’il n’y a que la coloration qui change. Petite note au passage, c’est aussi pour cela que les crèmes et les hydratants topiques ne peuvent rien contre les vergetures, ils n’atteindront pas le derme profond.

 

  1. Exigez le surjet intradermique pour la fermeture de la plaie de césarienne

Plusieurs obstétriciens savent la faire. Le problème? Ça prend 10 à 15 minutes, plutôt que 30 secondes pour fermer la plaie, puisqu’on la coud au lieu de la brocher. Conséquence d’un surjet intradermique? La cicatrice est beaucoup plus belle, et l’on évite l’effet « boutonnière » des marques d’agrafes permanentes.

 

  1. Plusieurs facteurs peuvent nuire au processus de cicatrisation
  • L’infection prend la place de cellules saines
  • Le manque d’humidité (voir le point 1 du présent texte)
  • Les anti-inflammatoires bloquent l’activité inflammatoire de la phase 2
  • Les antidépresseurs peuvent prolonger de 2 à 4 fois le temps de guérison
  • Le tabagisme réduit le potentiel de guérison, car la nicotine a un effet vasoconstricteur
  • Les déhiscences de césarienne sont beaucoup plus nombreuses chez les fumeuses (environ une sur deux)
  • Le stress. Le cortisol a le potentiel de complètement arrêter le processus de guérison
  • La dénutrition. Pour favoriser la cicatrisation, nous avons besoin d’un apport calorique supplémentaire important puisque la consommation d’énergie est énorme. Par exemple, une femme de petite taille aurait besoin d’au moins 2500 kcal seulement pour se maintenir ‘’à niveau’’
  • L’immunodéficience et les hépatites appauvrissent l’efficacité de la phase d’inflammation (phase 2)
  • Des soins de plaies inappropriés

 

  1. La couleur des tissus infectés dépend du micro-organisme responsable

Les tissus vivants et sains sont d’un rouge framboise lors de la phase de granulation, ou rose nacrés lors de l’épithélialisation, ces tissus sont d’ailleurs fragiles. Les tissus jaunes, verts, noirs, orange ou autres sont des tissus à débrider (nettoyer) puisqu’ils prennent l’espace de tissus sains, ce sont des tissus dits nécrosés, qui peuvent être humides ou secs.

 

  1. Il n’est pas normal de peser sur une plaie et d’obtenir plus d’exsudat

Un exsudat peut être qualifié de séreux, de sérosanguin, de sanguin ou de purulent (opaque, crémeux et coloré). Un exsudat sain sera transparent ou légèrement jaunâtre et liquide comme de l’eau. L’opacité et la coloration (autres que les susmentionnées) sont souvent des signes d’infection.

Lorsque le fond de la plaie est bien attaché au bord de la peau (ce qui est souhaitable), le fait d’appuyer sur une plaie n’en fera pas sortir davantage d’exsudat. Si vous en obtenez d’avantage, c’est qu’il existe un espace sous-jacent dans la plaie, ce qui veut dire que le fond de la plaie et le bord de la peau ne sont pas bien attachés, il y a un espace vide entre les deux. Vous pouvez l’explorer à l’aide d’une tige pour en mesurer la profondeur. Ces espaces ne sont pas souhaitables, mais il est difficile de les prévenir.

  1. Un bord de plaie qui « roule » cherche l’humidité

Il n’est pas normal d’avoir un bord de plaie ayant un aspect « cordonneux » et rigide. C’est signe qu’elle manque d’humidité. Pensez à utiliser le bain et un vaporisateur d’eau chaude pour le périnée ou un pansement pour l’abdomen, selon la région.

  1. En cas d’irritation du mamelon, la lanoline n’est pas nécessairement recommandée

La lanoline est à la base le suint (la partie grasse) collé à la laine, qui a été purifié et raffiné. Elle connait un haut taux de réactions allergiques qui se présentent sous forme de rougeurs, d’éruptions cutanées et de démangeaisons. Ces signes peuvent apparaître rapidement ou après plusieurs utilisations. Comme ces signes ressemblent beaucoup à ceux que l’on tente de traiter, il peut devenir difficile de bien soigner le mamelon et de distinguer l’effet de l’allaitement de l’effet du produit. Ces réactions sont dues aux impuretés qui se sont glissées dans les produits à base de lanoline lors du processus de raffinage.

La littérature actuelle ne permet pas de dire si l’utilisation de la lanoline est supérieure au fait de ne rien mettre du tout sur le mamelon. Dans ces circonstances, l’on recommande simplement de déposer une à deux gouttes de lait sur le mamelon et de le masser (le massage active la circulation sanguine et la bonne vascularisation est essentielle pour une bonne guérison). On attend que le lait soit sec avant d’enfiler un soutien-gorge de coton (de préférence). Les compresses d’allaitement doivent être dénuées de côté plastifié. Répéter à tous les boires (en s’assurant d’avoir les mains propres).

Concernant la douleur, il semble que les disques d’hydrogel soient efficaces à cet égard. Certaines études mentionnent une diminution de 50% de celle-ci. C’est à la base de l’eau « gélatinisée » et vous pourriez les recommander à cet effet (attention de les garder bien propres afin d’éviter la macération de la peau).

  1. L’ombilic se soigne au sec, parce que ce n’est pas un tissu « curable »

Pas d’humidité pour soigner l’ombilic de bébé, parce qu’il n’y a pas de plaie « vivante » à traiter! Les 4 phases de la cicatrisation ne s’appliquent pas ici. Le tissu du cordon se nécrosera et tombera, c’est son destin. Les recherches actuelles ne montrent donc aucun avantage des antibiotiques ou des antiseptiques par rapport à des soins visant la propreté du cordon ombilical. De l’eau du robinet et un coton-tige feront un excellent travail lors des changements de couche. N’oubliez pas d’avoir les mains propres et de bien assécher (avec un nouveau coton-tige) par la suite!

  1. Le périnée se soigne bien avec de l’eau

De l’eau, de l’eau du robinet, c’est Cochrane qui le dit. Il n’y a pas d’avantage même pour le miel comparé à la simple irrigation à l’eau du robinet. 3 fois par jour dans une baignoire. Un vaporisateur avec de l’eau chaude entre-temps. Un essuyage délicat en « tapotage » avec une serviette propre ou des compresses complèteront bien les mesures d’hygiène.

Les vaporisateurs anesthésiants, les antiseptiques, les savons et autres produits parfumés sont à éviter.

On peut mettre du froid les premières 12 à 24 heures et l’on peut donner un analgésique (éviter des anti-inflammatoires après 2 jours afin de ne pas interférer avec la phase d’inflammation du processus de guérison). Mangez bien (le processus de cicatrisation consomme une ÉNORME quantité d’énergie) et buvez beaucoup. Vous pourriez également songer à un émollient fécal, selon le cas.

Simple et efficace, comme on l’aime.

Bonne guérison!

 

Mélanie Bergeron-Blais

Mélanie est étudiante en 2e année en pratique sage-femme et mère de cinq enfants.
Elle est très impliquée dans l’organisation de diverses activités pour l’A.E.S.F.Q.

standard

Réflexions sur mon expérience du processus d’enquête professionnelle

Réflexions sur mon expérience du processus d’enquête professionnelle

 

J’ai agi à deux reprises en tant que « témoin expert » de sages-femmes qui faisaient l’objet d’une enquête de l’ordre des sages-femmes de leur province. Ces expériences bouleversantes se sont avérées riches en apprentissages sur le processus même. Le travail du témoin expert consiste à faire un examen approfondi des dossiers médicaux, des recherches récentes et de certains documents juridiques pour en arriver à un rapport écrit dans lequel il exprime une opinion sur les plaintes en question. Les processus d’enquête ont duré des années et au fil du temps, il est devenu évident que les dynamiques qui y mènent sont de nature extrêmement complexe. Non seulement ces processus nous en apprennent beaucoup sur la nature paradoxale de la communication et des perspectives humaines, mais ils nous portent aussi à réfléchir aux moyens que nous nous donnons pour atteindre nos idéaux les plus élevés, sans perdre notre humanité. Ils ont par ailleurs permis de mettre en lumière la nécessité d’une réflexion sur les valeurs essentielles et les postulats qui sont à la base de la pratique sage-femme, au Québec et ailleurs au Canada, comme :

– la nature et la mise en pratique d’un choix éclairé;

 

– la confiance en la capacité des femmes de faire des choix et de prendre des décisions;

 

– l’étendue de la normalité et son unicité propre à chaque femme;

 

– les effets de l’expérience clinique sur la perception de la normalité et subséquemment, sur les soins offerts;

 

– les standards de pratique versus la standardisation de la pratique; soins personnalisés versus le plus bas dénominateur commun; les lignes directrices versus les protocoles.

 

– Le lien entre les valeurs/normes de la pratique sage-femme et celles de l’obstétrique;

 

– Les priorités pour la documentation du dossier : ce qu’il est essentiel de noter pour communiquer, afin d’assurer les suivis et l’aspect légal, sans tomber dans la pratique obstétricale défensive;

 

– les perspectives, les présomptions et les croyances sur lesquelles s’appuient notre conception des soins optimaux, les données probantes, l’erreur, la négligence et la responsabilité.

 

Mon but, ici, n’est certainement pas d’approfondir ces questions. Je suis néanmoins fascinée par leur pertinence en lien avec des points abordés à chacun des cas faisant l’objet d’une enquête.

 

Ce que j’aimerais aborder, ce sont les préoccupations que le processus d’enquête a soulevées sur la meilleure façon, pour les sages-femmes, pour les équipes de sages-femmes et pour la profession de sage-femme, d’apprendre des erreurs commises. Plus j’avançais dans le processus, plus je remettais en question la nature du rôle de « l’expert » dans l’établissement de la responsabilité, du jugement et, dans une certaine mesure, du blâme. Je comprends et respecte le fait que le syndic doive faire le suivi de tout évènement indésirable à la demande du coroner. Lorsque se produisent des incidents où la compétence ou le comportement n’ont pas répondu à des normes établies, il est important d’intervenir. Cependant, je constate que, surtout dans les cas où il y a de nombreuses zones grises, le processus d’enquête habituel de notre système de soins de santé n’est pas toujours la meilleure façon d’améliorer la pratique. Ceci étant dit, je ne suggère pas que les sages-femmes créent leur propre équivalent du « old boy’s club », ni qu’elles adoptent une attitude de laisser-faire quand certaines pratiques sont remises en question, mais je crois qu’il serait intéressant d’explorer les moyens de faire respecter des normes rigoureuses par un système de soutien plus actif.

 

Les sages-femmes se doivent de rendre des comptes aux femmes, aux communautés et aux organismes de réglementation avec lesquels elles travaillent. Elles doivent chercher à avoir une pratique la plus idéale possible. Mais la vie n’est pas toujours idéale, et il est important de le reconnaître si l’on souhaite prévoir et éviter les conséquences des erreurs humaines. Chacun peut commettre des erreurs ou avoir des oublis, indépendamment de son expérience, de ses habiletés techniques, de ses connaissances et de son ancienneté. Apprendre à bien se connaître – en sachant voir lorsqu’on approche de ses limites – non seulement en ce qui concerne ses connaissances et ses capacités, mais aussi en tenant compte des paramètres qui peuvent les affecter (le stress, la communication, les perceptions, les croyances, la fatigue, etc.) est un signe de maturité de la part du praticien et de l’organisation.

 

Il s’est écrit beaucoup de textes sur la nécessité, pour les organismes oeuvrant dans le domaine de la santé, de créer une culture positive de la sécurité. 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11 Selon ces sources, la meilleure façon de réglementer une profession et d’améliorer les services de soins consiste à chercher, au-delà de l’individu, les conditions latentes, les facteurs humains et la manière dont le système peut avoir contribué à l’incident survenu. Cette approche demande un plus grand engagement, mais, selon le rapport de 2012 du Royal College of Nurses, elle est essentielle si les organismes et les praticiens cherchent à apprendre des évènements indésirables, à éviter de répéter leurs erreurs et à enrichir leurs professions de manière à atteindre des standards de pratique les plus élevées possibles.12

 

Dans la préface du rapport de 2008 de son ministère sur la création d’une culture visant la sécurité des patients, la ministre irlandaise de la Santé et des Enfants déclare que « la meilleure façon de réduire le plus possible les erreurs et d’augmenter au maximum la qualité des soins est d’accepter les erreurs et les échecs et de décrire honnêtement comment ceux-ci se sont produits dans le but d’apprendre et de s’améliorer. Une culture de signalement et de gestion où l’on ne cherche pas à attribuer la faute répond mieux aux intérêts des patients et des praticiens. » 13 La plupart des auteurs s’accordent pour dire qu’une culture de la sécurité nécessite la création d’un environnement ouvert, libre et non punitif dans lequel les professionnels de la santé ne craignent pas de rapporter des évènements indésirables ou des incidents évités de justesse. L’auteur d’une étude va jusqu’à dire que « La culture du blâme constitue un frein à l’ouverture si l’on souhaite que les évènements sentinelles soient rapportés, que des leçons en soient tirées et que la sécurité soit améliorée. Le système des erreurs médicales devrait être aboli et remplacé par un système qui vise à identifier, à analyser, à prévenir les erreurs et les évènements sentinelles et à en tirer des leçons. 14

 

Une étude menée en Grande-Bretagne conclut que « Même [si un professionnel a] un niveau très élevé de compétence, il existe des risques pour le patient… Pour cette raison, les mesures disciplinaires et des formations plus poussées ne sont pas toujours les solutions optimales, et ce, même si ce sont celles auxquelles on a le plus souvent recours… La peur des mesures disciplinaires peut conduire les employés à cacher des informations et à chercher davantage à protéger leurs intérêts qu’à répondre aux besoins du patient. » 15

Et en effet, lors d’une Assemblée générale annuelle de l’OSFQ (2012) j’ai vu plusieurs sages-femmes exprimer leur peur de faire l’objet d’un litige si elles décrivaient certaines pratiques qui sont couramment utilisées dans leur profession, mais lesquelles n’ont pas encore été clarifiées au moyen de lignes directrices réfléchies par l’OSFQ (comme le recours à la médecine douce). D’autres sages-femmes rapportent une détérioration du moral et de la cohésion des équipes à cause de craintes liées à d’éventuels litiges pour des pratiques qui se trouvent dans des zones grises. Les peurs risquent d’interférer avec la capacité des sages-femmes à être pleinement cohérentes et présentes dans une situation. 16,17 La pratique sage-femme est basée sur la relation entre la femme et sa sage-femme, et pour que cette dernière puisse fournir les meilleurs soins possible en toute sécurité, il lui faut pouvoir être pleinement présente dans cette relation. La pratique d’une obstétrique défensive ne permet pas d’offrir les meilleurs services. En fait, un des facteurs qui a motivé les sages-femmes et les femmes à demander que la profession de sage-femme soit légalisée et intégrée au système de santé canadien était le désir d’offrir une solution de rechange à la pratique défensive.

 

Si des procédures judiciaires peuvent être nécessaires dans certaines situations, il ne faut pas sous-estimer l’impact émotionnel que les erreurs peuvent avoir sur les individus et le fonctionnement des équipes. Toute personne qui a vécu la perte d’un bébé, que cette mort ait été considérée comme évitable ou non, risque de se remettre en question et de se sentir coupable. Il a été démontré que si un praticien avait l’occasion d’exprimer ouvertement ce qu’il ressentait, cela avait une grande influence sur les leçons qui seront tirées de l’évènement et les changements qui seront apportés à la pratique. 18,19

 

Le programme de gestions des risques AMPRO.ob de la Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada (SOGC) propose de nombreuses réflexions fondées sur la recherche en lien avec la gestion et la prévention des évènements indésirables. Le Module 3 fait état des changements apportés à la gestion des évènements à issue grave. On y cite le rapport de 1999 de l’Institute of Medicine (IOM) qui a pour but d’éviter la répétition d’évènements indésirables et de promouvoir un processus axé sur l’apprentissage plutôt que sur la recherche de coupables. Ce module reflète le fait que de nombreux systèmes de santé continuent de percevoir les évènements indésirables « par le prisme traditionnel « de la honte et du blâme » qui s’est incrusté dans la culture des services de santé… et l’erreur est associée à tort à la culpabilité, au manque de précaution, d’habileté ou de connaissance et à l’incompétence de la part des intervenants. » Le programme suggère d’examiner les évènements indésirables sans émettre de jugements ni chercher de coupable. 20

 

Actuellement, le réseau des CIUSS au Québec est en train d’explorer un système de signalisation et de prévention des incidents qui vise à utiliser le dialogue et d’autres moyens permettant de voir au-delà de l’individu pour identifier d’éventuelles sources du problème pouvant être liées au système. 21

 

Andrew Symon, une sage-femme anglaise et spécialiste des politiques et des lois sociales, dit que ce courant vers l’établissement de systèmes de signalement d’incidents ouverts et sans blâme « ne diminue en aucun cas la responsabilité du professionnel ». Au contraire, encourager ces derniers à partager leur expérience et à apprendre de leurs erreurs « peut contribuer à améliorer les soins; ce qui diminuerait l’incidence des évènements menant à des allégations de mauvaise conduite ou de négligence ». 22

 

En Nouvelle-Zélande, en Australie, en Angleterre et en Irlande, pour ne nommer que quelques endroits, on a adopté des politiques semblables pour la pratique sage-femme et les soins infirmiers. 23,24,25, 26 Il existe un document intéressant, Implementing Human Factors in Healthcare: Patient Safety First, (Carthy, J. et al), publié par le Royal College of Nurses de Grande-Bretagne, en 2010, qui a pour but de faire prendre conscience de l’importance des facteurs humains dans l’amélioration de la sécurité des patients. Ce manuel offre un survol de ce qui représente une culture de la sécurité pour les patients et les employés, et il se veut un point de départ sur la façon dont on peut utiliser la compréhension des facteurs humains pour rendre les environnements de travail et les activités professionnelles plus sûrs. On tente d’y expliquer comment et pourquoi se produisent les « différents cas où les employés ne font pas la « bonne chose » même s’ils savent quelle est la « bonne chose » à faire. » 27

 

Les auteurs font appel aux professionnels des soins de santé pour la création d’organismes qui sont ouverts, justes et bien informés, et où signaler des évènements et tirer des leçons de ses erreurs deviendrait la norme. « Afin que l’on puisse être à l’aise pour discuter d’incidents et de questions en lien avec la sécurité, il faut que cela devienne la norme plutôt que quelque chose qui ne se produit que lorsqu’un évènement grave a donné lieu à une enquête. Il faut également avoir une garantie que l’on va davantage s’attarder sur l’apprentissage et la prévention plutôt que sur l’identification d’une erreur en vue d’obtenir une sanction. » 28

 

Selon Mark Gerson, une autorité dans le monde de la médiation et de la résolution de conflit, il existe deux façons de poser des questions : l’interrogation et l’investigation. L’interrogation est fondamentalement envahissante et importune. Elle cherche la faute et non des solutions; elle tend à désigner un coupable et non à inspirer la créativité. L’investigation est plutôt un moyen d’approfondir notre connaissance d’une situation. Elle pose des questions qui permettent de découvrir des informations essentielles à la compréhension des changements qui doivent être apportés.

 

Je suis convaincue que toutes les personnes impliquées dans les cas d’enquête mentionnées ci-haut avaient pour principale préoccupation que les femmes et les bébés reçoivent les meilleurs soins possible. Nous présentions simplement différentes perspectives sur ce que cela signifie. Cependant, quand un processus d’enquête a pour but de prouver qui a « raison » et qui a « tort », il faut se demander quel objectif est réellement visé et quelle est sa pertinence à l’amélioration des soins. Une telle polarisation empêche de chercher une réponse appropriée; quand chaque partie se concentre à ne défendre que son idée, il n’y a pas d’ouverture aux changements et il n’est pas possible de faire évoluer la pratique.

 

Puisque la première mission de l’OSFQ est de protéger le public et de favoriser le développement de la profession sage-femme, il me paraît essentiel de trouver collectivement de nouveaux moyens pour que les sages-femmes puissent se sentir suffisamment en sécurité pour offrir des soins qui répondent aux plus hauts standards qui soient.

 

Je propose la création de forums, qui seraient à la fois sûrs et stimulants, où les sages-femmes pourraient explorer différentes façons de concevoir les aspects essentiels des soins à la lumière de leurs expériences personnelles et collectives et où elles pourraient s’exprimer sans craindre les jugements non constructifs; un environnement où les sages-femmes pourraient se sentir suffisamment en sécurité pour parler franchement, s’ouvrir et, idéalement, apprendre de leurs erreurs, et suffisamment stimulant pour qu’une évolution puisse en résulter.

 

Ceci n’est pas une mince affaire. Mais si les sages-femmes cherchent à atteindre une forme d’idéal sur le plan de la pratique, elles peuvent aussi rechercher des standards idéaux d’évaluation et de réglementation de leur profession dans le but de gérer collectivement les évènements indésirables.

 

Les organismes de réglementation ne sont pas les seuls à devoir se charger de créer un environnement où il est possible d’apprendre de ses erreurs. Il incombe à chacune de nos équipes de trouver comment faire pour que ce genre d’analyse ait lieu de façon régulière. Les sages-femmes ont pour tâche première de créer un espace dans lequel les femmes se sentent en sécurité. Pourquoi ne pas concevoir un espace où un dialogue constructif et une exploration authentique seraient possibles pour tout le monde? À long terme, cela permettra de sauver du temps et de l’argent de plusieurs façons.

 

La pratique sage-femme, surtout au Québec et au Canada, est basée sur une tradition de soutien mutuel et d’apprentissage entre les femmes et les sages-femmes, ainsi que les sages-femmes entre elles. Le changement d’attitude et la recherche novatrice offrent un contexte favorable à une profonde réflexion, à l’apprentissage et au développement professionnel. Bien que la profession sage-femme puise être nouvelle dans le système des services de santé au Canada, son paradigme de soutien existe depuis très longtemps. Les découvertes et réformes récentes sur les comportements à adopter en cas d’erreur s’inscrivent dans l’approche traditionnelle préconisée par les sages-femmes. En fait, je soutiens que la pratique sage-femme a la possibilité, si ce n’est la responsabilité, d’ouvrir la voie à d’autres professions du domaine de la santé dans l’acquisition de standards élevés de compréhension et de performance, en se soutenant les uns et les autres de façon à pouvoir admettre ses erreurs, ses omissions et ses négligences pour que celles-ci deviennent une occasion d’apprendre. Je souhaiterais que chacune d’entre nous se penche sur ses valeurs, ses croyances et ses motivations et réfléchisse à ce que notre profession doit représenter au fil de son évolution.

 

Il s’agit de ma vision personnelle, mais je ne crois pas être la seule à ressentir le besoin que certaines valeurs soient clarifiées. J’aimerais que d’autres personnes se joignent à la discussion pour que ces questions fassent partie d’un échange plus vaste. Après l’effondrement financier en Islande, des gens visionnaires ont organisé des groupes de discussion dans des cafés qui ont permis à plus de 20 000 personnes de prendre part à des échanges en lien avec les valeurs. Il est très prometteur de voir que tant de gens peuvent s’asseoir et discuter ensemble avec honnêteté et faire ensuite des choix novateurs. Il n’y a pas tant de sages-femmes au Québec, et nous avons probablement encore plus de cafés sympathiques où des discussions pourraient être organisées.

 

Je crois que nous avons les moyens de soutenir des sages-femmes hautement qualifiées pour qu’elles puissent apprendre de leurs expériences et continuer à travailler en utilisant les standards les plus élevés qui soient. Ce peut aussi être une occasion d’explorer comment notre profession peut utiliser à bon escient les inévitables zones grises de notre pratique. Nous pourrons toutes en tirer profit en devenant de meilleures sages-femmes et, peut-être même, de meilleurs êtres humains.

 

Jennie Stonier, sage-femme

Salluit Maternity

 

 

standard

Récit de guérison

13.04.2016 Thématique: Non classé Aucun commentaire

Récit de guérison

Il y a six mois, j’accouchais de mon premier enfant. Sa naissance fut le paroxysme d’une grande tension dramatique qui débuta à la maison avec une décélération de son rythme cardiaque et qui nous fit aboutir aux urgences. Kaoli aura vu le jour – ou plutôt le néon – dans une pièce exiguë, sa mère attachée à une civière et détachée de ses émotions. C’est parfois ce qui se produit chez les personnes en état de choc. Il existe toutes sortes de chocs et autant de façons d’y réagir qu’il y a d’humains. Dans mon cas, entre autres chocs figuraient celui de devoir expulser d’urgence le petit être qui me dansait au creux du ventre depuis si longtemps déjà, celui de me faire tenir les jambes de force par un inconnu baraqué sans comprendre pourquoi on me parlait encore d’épisiotomie si le rythme cardiaque de mon bébé était redevenu normal, celui d’être observée par une dizaine de paires d’yeux fébriles de trop et celui de voir la main d’une inconnue plonger sur la tête couronnée de Kaoli avant de bien vouloir me laisser le pousser. C’est à croire que lorsqu’il y a urgence, on ne s’appartient plus. C’est la peur et le désir de sauver qui règnent et broient tout sur leur passage. Surtout les attentes élevées d’une étudiante sage-femme, je suppose. Toujours est-il qu’il me fallut plusieurs minutes avec mon nouveau-né visqueux et hurlant sur le ventre, mes crocs de femme-louve prêts à mordre quiconque s’approcherait – sauf son père –, avant de verser des larmes, de chantonner et de humer, encore tourmentée.

Rituel-xylogravure-YuriRousseauLe transfert ne s’était pas complété; je n’étais pas arrivée jusqu’au département d’obstétrique. J’étais donc « libre » – tel était mon sentiment après m’être sentie prise au piège comme jamais –, prête à repartir vers mon nid avec mes deux amours, mes sages-femmes… et mon placenta. Prête à estomper la violence ressentie et à tisser du sens autour de cet épisode tumultueux, bien que consciente du temps qu’il me faudrait pour y arriver. S’il n’en demeure pas moins que beaucoup de joie, de magie et de reconnaissance émanaient de mon vécu d’accouchement – la latence de 3 jours, les balades près de la rivière, la danse cosmique avec mon amoureux, la connexion avec mon bébé… –, je ne parvenais pas, durant les jours et les semaines qui suivirent, à me défaire d’un cocktail de tristesse et de rancœur. J’avais beau relativiser l’ampleur des chocs encaissés, penser à mille et un scénarios pires que le mien, celui-ci me revenait sans cesse en boucle avec la même violence. Et à chaque fois je m’en voulais. Je m’en voulais d’avoir lutté contre mon corps quand il me guidait vers le sommeil entre les contractions, je m’en voulais d’avoir voulu accélérer le cours des choses pour satisfaire les autres, je m’en voulais de m’être épuisée à pousser en vain et de ne pas avoir eu l’énergie vitale pour libérer mon bébé alors que sa tête comprimée tentait de trouver son chemin, je m’en voulais de ne pas avoir montré les crocs de femme-louve avant. Il est difficile d’expliquer ce sentiment alors qu’on le sait absurde. Sa raison d’être a d’ailleurs peu d’importance ici, puisque c’est une histoire de guérison que je désire vous partager.

Le premier pas vers la guérison est sans doute de la légitimer en reconnaissant qu’une blessure doit être soignée. C’est dans un atelier sur le deuil et les rituels de guérison donné cet automne par la sage-femme pionnière à la retraite Jeen Kirwen que j’ai compris que ma blessure était toujours suintante. Lors de cette formation, Jeen nous a partagé des outils pour guider les femmes sur la voie de la guérison, notamment suite à un accouchement difficile. Elle nous a entre autres enseigné à faire un rituel durant lequel la femme mime son accouchement, mais avec un autre dénouement. Un tel rituel, qui peut inclure ou non le (la) conjoint(e), implique la présence du bébé (une femme ayant perdu son enfant se verrait donc proposer un autre type de rituel), d’une sage-femme et d’une assistante. Il se prévoit à domicile ou à la maison de naissance, préférablement dans l’eau. La sage-femme crée un espace rituel empreint de beauté (bougies, fleurs, etc.) et y accueille la femme, qui arrive « en travail ». Le rituel se déroule bien souvent en moins d’une heure, pendant laquelle la sage-femme peut souligner les étapes nouvellement franchies par le couple par rapport à leur vécu initial. L’assistante emmène alors le bébé dans l’eau au moment de sa (re)naissance, après quoi naît le placenta. S’en suit le classique postnatal immédiat (avec assiette de fruits!) durant lequel la sage-femme et l’assistante laissent la famille savourer sa lune de miel. L’idée est de l’imprégner de cette expérience positive, tant sur le plan conscient que subconscient.

Je quittai l’atelier de Jeen en me promettant de m’offrir ce rituel dans les semaines suivantes. J’y repensai souvent, me demandant si ma blessure valait la peine de mobiliser tant d’énergie ou s’il était préférable de laisser le temps faire son œuvre. Je me demandai aussi s’il valait mieux accepter mon histoire telle qu’elle était plutôt que d’essayer de la falsifier. J’en vins à la conclusion qu’une promesse, c’est une promesse. Dans tous les cas, j’avais envie de vivre l’expérience moi-même avant de proposer un tel rituel à d’autres.

J’en parlai d’abord à mon amoureux, qui était alors en train de lire un récit autobiographique de Jodorowski, père de la psychomagie. Quoi de mieux pour aborder un rituel de guérison! Il accepta de vivre l’expérience avec moi. Je demandai ensuite à l’une de nos amies qui avait suivi la formation à mes côtés si elle voulait bien nous accompagner dans cette démarche. Elle accepta avec joie d’être la sage-femme et l’assistante à la fois.

Puis le grand jour arriva, avec la même part d’inconnu que contiennent tous les accouchements. Pour tout dire, je n’avais aucune idée si j’arriverais à jouer le « jeu ». Mais c’est un peu comme si toutes les cellules de mon corps s’en chargèrent à ma place. Je mimais déjà des contractions à l’arrivée de notre sage-femme. Mon amoureux et moi sortîmes dans le froid de décembre nous balader près de la rivière. À notre retour, les contractions s’étaient intensifiées et je me sentais entrer de plus en plus creux dans le vortex de l’accouchement. Je me glissai entre les pétales de rose qui flottaient sur l’eau du bain que notre amie m’avait fait couler.

La force du rituel, selon moi, reposa sur notre abandon dans le processus et notre confiance en la personne que nous avions choisie pour nous accompagner. Celle-ci connaissait d’ailleurs très bien notre histoire et sut trouver les mots qui contribuèrent à la guérison. Au moment où, les yeux fermés, je mimai la naissance de notre bébé dans un moment d’extrême intensité, je pus sentir la peau de Kaoli, que la sage-femme avait réveillé et doucement approché de mon corps. Je me mis alors à pleurer du plus profond de mon être, à rire, à déguster ce moment précieux qui m’avait échappé la première fois et qui était là, tout entier, aussi vrai que mon enfant était dans mes bras, tout sourire devant trois adultes en larmes de joie. Je n’avais jamais pensé que mettre en scène cette tranche de vie pourrait avoir un tel pouvoir guérisseur sur moi, sur nous. Encore aujourd’hui, une joie pure me submerge quand je pense au rituel que nous avons mené avec tant d’amour et qui conclut à merveille ce cycle de notre vie.

Plusieurs d’entre nous (ESF, SF, accompagnantes, etc.) avons nous-mêmes vécu des accouchements difficiles. Si ceux-ci peuvent souvent nous rapprocher des femmes auprès desquelles nous travaillons, je pense que notre propre expérience de la guérison intérieure leur serait d’autant plus bénéfique. Comme nous l’a si bien dit Jeen lors de son atelier, il faut prendre soin de nos propres douleurs pour prendre soin de celle des autres.

 

 

Réminiscences du shack

la fois où en revenant d’une naissance
un troupeau de dindons sauvages m’attendait
la fois où dans le jardin
un renard roux m’observait
où une centaine de moineaux débarquait

 

la faune cette fois-là de venir me
murmurer aux papillons du ventre que
je portais la vie
dans la salle de bain exiguë
du pipi sur les doigts
le cœur en émoi

 

jusqu’à l’aube les flammes sur leur dance floor
m’envoûtaient par la vitre du p’tit poêle
sa chaleur jusque dans ma
matrice.

 

standard

Les rythmes neurologiques et alimentaires du nouveau-né, et leur évolution

Les rythmes neurologiques et alimentaires du nouveau-né, et leur évolution.                        

Ingrid Bayot, Formations Co-naître®, infirmière et sage-femme de formation belge, Diplôme universitaire en lactation humaine et allaitement maternel (FR).

 

La condition no8 de l’IAB précise : encourager l’allaitement au sein à la demande de l’enfant. De fait, une des clefs pour démarrer et entretenir une lactation est de suivre le bébé, d’allaiter et de ne pas imposer de normes restrictives autour de la fréquence des tétées.

Cependant, l’expression à la demande peut induire l’idée que le nouveau-né ait déjà des demandes précises et donc des appels ou des pleurs clairement différenciés : il y aurait un type d’appels (ou de pleurs) pour téter au sein, un autre pour le besoin de sucer, un autre encore pour être « seulement » pris dans les bras, un autre encore pour changer la couche, etc.

Or le nouveau-né ne peut pas encore différencier ses besoins ; lorsqu’il se réveille, il demande tout : la présence, la chaleur, l’enveloppement, les voix et les odeurs connues, la succion, la déglutition… autant d’expériences et de sensations qu’il a mémorisées au cours des mois. Ses attentes extra-utérines sont globales et conditionnées par les empreintes sensorielles de la vie intra-utérine. Dans un milieu plus rude qu’une maternité ou une chambre douillette, retrouver ces sensations correspond d’ailleurs à ses chances de survie maximum : l’assurance de la chaleur, de la protection et de la nourriture.

Au regard de ses conditionnements de petit mammifère terrestre à sang chaud, la recherche par le nouveau-né de cet ensemble de sensations est vitale et non négociable. La privation engendre un état de détresse important. Parler de « caprices » ou « d’exigences » à ce stade-là est une interprétation erronée, issue d’une puériculture rigide mise au point dans les orphelinats*.

*Voir à ce sujet mon article « Cultures, puéricultures, implication maternelle et allaitement », en ligne sur le site du CIUSSS de l’Estrie http://www.santeestrie.qc.ca/sante_publique/promotion_prevention/perinatalite_petite_enfance/documents/allaitement.pdf

 

Bref, être en relation et se nourrir sont deux besoins vitaux, au départ non différentiés : ils font partie d’un ensemble assurant sa survie. Se demander s’il a besoin du sein ou « seulement » d’être dans les bras n’a pas beaucoup de sens. Au sein, il reçoit tout à la fois : la chaleur, les mouvements, les odeurs et les sons connus, la voix de maman (repères connus, donc sécurisants), le lait qu’il fait venir et qu’il déglutit (nouveautés qu’il apprend durant les premiers jours).

 

Ce que ressent et cherche un nouveau-né de quelques jours, un bébé de quelques semaines ou un bambin de quelques mois n’est pas pareil. Il y a une évolution dans la perception de son corps, de ses besoins et de son environnement matériel et humain, comme il y a une évolution dans ses manifestations et la précision de ses demandes.

 

Pour mieux le comprendre, repartons du tout début, et parcourons avec le bébé quelques étapes clefs.

 

La vie intra-utérine.           

Le bébé est nourri en permanence par voie ombilicale. Il présente des phases d’activités et de repos, de plus en plus différenciées au fur et à mesure qu’il se rapproche du terme. L’enchaînement de ces phases constitue un cycle spontané. Ce n’est pas le degré de remplissage ou de vidange de l’estomac qui détermine la fréquence des périodes actives, mais la maturité du bébé. Dans les dernières semaines de grossesse, les phases d’activité augmentent en fréquence et en longueur; ses mouvements sont plus coordonnés.

Les échographies montrent que, dès la 16e semaine de vie intra-utérine, les fœtus font des mouvements de succion (certains avec leurs mains, leurs pouces ou leurs doigts) et déglutissent du liquide amniotique, déglutition coordonnée avec le péristaltisme œsophagien (c’est le mouvement automatique pour faire descendre ce qui est avalé vers l’estomac). Plus ils approchent du terme, plus l’activité de succion et de déglutition est intensive. Le dernier mois de la grossesse, un fœtus déglutit jusqu’à un demi-litre de liquide amniotique par jour*.

*Voir le cours http://campus.cerimes.fr/maieutique/UE-obstetrique/liq_amniotique/site/html/4.html

C’est dire qu’il a mémorisé les sensations de « bonnes gorgées » et que le débit fait partie de ses attentes sensorielles. Rappelons-nous que le nouveau-né fonctionne avec les conditionnements de survie de l’espèce : débit appréciable = allaitement optimal = meilleures chances de survie.

 

Les tout premiers jours de vie

Le fonctionnement neurologique par cycles persiste après sa naissance : la fréquence, la durée et la qualité des éveils du bébé sont une des manifestations de sa maturité et de l’énergie dont il dispose. Un nouveau-né qui manque d’énergie a tendance à dormir de plus en plus. Un prématuré dort beaucoup et se réveille peu. Un bébé né à terme est capable de s’éveiller plus souvent, plus longuement, et est mieux à même de gérer les multiples informations et sensations nouvelles. Les éveils sont donc :

  • indépendants de la taille de l’estomac ou de son niveau de remplissage,
  • des opportunités pour nourrir le bébé d’interactions et de lait, les deux piliers de son développement psychique et physique.

 

Le nouveau-né arrive avec un bagage de compétences, véritables moyens au service d’une stratégie alimentaire complexe dont la réalisation dépend de la relation avec l’adulte :

  • il s’éveille spontanément et cycliquement, et ses éveils s’accompagnent :
  • de compétences relationnelles : il recherche la présence, le contact, et le montre par ses gestes. S’il n’obtient pas de réponse, il pleure assez fort pour attirer l’attention. Mais pourquoi attendre qu’il pleure pour lui répondre…?
  • de compétences alimentaires : en éveil calme attentif, ou en éveil agité sans pleurs, les réflexes archaïques alimentaires s’expriment. Les plus connus sont les réflexes de fouissement, d’orientation, de succion, de déglutition. Mais un bébé posé en contact peau à peau sur sa mère, de manière à pouvoir prendre appui sur ses mains et ses pieds, démontre une capacité étonnante à trouver le sein.

Le nouveau-né éveillé et en contact intime avec sa mère, respirant les odeurs attractives de son corps et de ses mamelons, est coordonné et coopérant.

Il cherche activement. Ses réflexes sont puissants.

S’il ne trouve pas satisfaction à cet instinct de relation, il pleure assez fort pour faire réagir son entourage. Mais à nouveau… pourquoi attendre qu’il pleure ?

 

Après une naissance physiologique, les bébés à terme et en bonne santé présentent une période d’éveil exceptionnel une heure trente à 2 heures. Ils sont donc particulièrement compétents pour rencontrer leur mère -et père- et pour trouver le sein, s’y placer et téter vigoureusement.

Le tout petit a été nourri par son placenta jusqu’à sa naissance. Ce n’est donc pas le manque d’énergie ni un estomac vide, qui le poussent à chercher le sein, mais bien la qualité de son éveil et les compétences relationnelles, motrices et alimentaires qui entrent en action.

 

Chez le bébé à terme et en bonne santé, dans une continuité sensorielle, sans pertes énergétiques provoquées, et collé sur sa mère ou son père (portage, contact peau-à-peau…), le nombre, la durée et la qualité des éveils sont suffisants pour assurer des prises alimentaires qui comblent ses besoins énergétiques.

Nous pouvons compter sur son rythme d’éveils spontanés : c’est l’allaitement « à l’éveil et aux signes ». Ces signes montrent que le bébé est prêt à faire l’expérience du sein. Cette expérience est encore neuve pour lui, mais la répétition va créer des associations positives et gratifiantes, donc l’envie de recommencer.

Donc, quand il s’agit d’un nouveau-né, l’expression « allaitement à la demande » doit être explicitée « allaitement à l’éveil et aux signes qui montrent que le bébé est prêt à téter ».

 

Cette précision permet d’éviter de se poser trop de questions :

  • sur la faim des bébés : a-t-il vraiment faim se demandent les mères, les familles, et les soignantes, mais nous leurs attribuons nos sensations de faim d’adulte, précises, et souvent dramatiques –beaucoup de gens pensent que le bébé souffre quand son estomac est vide ;
  • sur la nécessité de dresser les bébés, de ne pas céder à leurs « caprices« , de les régler pour leur donner de « bonnes habitudes« , pour qu’ils « fassent vite leurs nuits« .

 

·       Faim ou pas faim ? Comment savoir quand ils sont si petits ? Quand il s’éveille, il cherche tout à la fois : la chaleur, les bras, les odeurs familières, le contact. Il a besoin de tout cela à la fois.

·       Regardez votre bébé : il est éveillé et prêt à être en relation avec vous : il vous suit du regard et capte le vôtre, il est attentif à votre voix.

·       Il montre qu’il est prêt à téter : il ouvre la bouche, il sort la langue, il cherche avec sa tête, il tète ses doigts, il salive. C’est le moment de lui présenter le sein.

·      Pourquoi attendre qu’il pleure ? Il serait alors stressé et peu collaborant.

 

Pour expliquer aux parents l’appétit du bébé, certains soignants utilisent encore des illustrations comparant la prétendue taille de l’estomac du bébé à une cerise, une noix, un œuf… Quand on sait que la veille de sa naissance, il avalait encore ½ L de liquide amniotique par 24h, ces explications ne tiennent pas la route. De plus, cela entretient la notion erronée que le niveau de remplissage de l’estomac détermine les comportements du bébé, exprimant un besoin nutritionnel précis. Rien de plus faux, évidemment.

Le bébé n’est pas un estomac avec alarme, mais un être relationnel, sensoriel, neurologique, doué de mémoire et d’un formidable besoin d’entrer en interaction et de s’attacher.

La mise en place de l’absorption alimentaire par la bouche se réalise via une stratégie bien huilée par l’évolution. Une des empreintes sensorielles intra-utérines est le débit. Durant la période du colostrum, il ne le retrouve pas. Le colostrum ne répond pas à ses besoins énergétiques et il mobilise ses réserves. Rappelons que le bébé humain est le plus grassouillet des bébés mammifères terrestres. Des réserves*, il en a, surtout s’il est à terme et bien potelé.

*Voir mon cours sur les équilibres énergétiques durant les premiers jours de vie, sur www.ingridbayot.com rubrique Programme

Les premières 24h, il récupère de sa naissance et ne rouspète pas trop. Ensuite, il entre dans la période des éveils agités ; il se réveille souvent, et se montre fébrilement avide de contact et de succion. Il trouve beaucoup de satisfaction dans les contacts, mais ne retrouve pas encore le débit, il demande et redemande le sein, cherche à téter et ne semble pas satisfait. Ce n’est pas confortable, ni pour lui ni pour sa maman, qui croit manquer de lait. Or, ces tétées fréquentes optimalisent sa montée de lait. Il est très important que les mères connaissent ce passage difficile, cette « naissance » de l’allaitement, qu’elles reçoivent du soutien, qu’elles ne soient pas seules durant cette traversée. Elle est transitoire et tout s’apaise avec la montée de lait.

 

La prématurité, l’immaturité, certains médicaments, les maladies, les problèmes neurologiques, l’irritabilité, les infections néonatales, l’hypoglycémie et les dépenses énergétiques causées par toute naissance difficile…

à diminuent le nombre, la durée et/ou la qualité des éveils spontanés.

à ces bébés-là nécessitent une vigilance spéciale, puisque l’on ne peut pas compter uniquement sur leurs éveils spontanés pour assurer leurs prises alimentaires. Il faudra donc les alimenter dès qu’ils dépasseront un laps de temps critique entre deux tétées. Mais pas en les forçant à aller au sein. Le colostrum ou le lait peuvent être extraits et donnés au compte-goutte ou à la cuillère.

 

Les premières semaines de vie : l’allaitement à l’éveil et aux signes.               

Placé dans des conditions physiologiques, le bébé cherche et capte le regard de sa mère, cherche le sein, le trouve, s’y place, tète et déglutit.

  • Le bébé en éveil somnolent n’est généralement pas très en recherche du sein, mais placé à plat ventre, en contact peau à peau sur sa mère, il peut, s’il est proche du sein et de la zone aréole-mamelon, commencer son approche.
  • Le bébé en éveil calme attentif est tonique, vigilant, réceptif et réactif aux stimulations, il cherche et suscite les interactions, il cherche activement le sein.
  • En éveil agité sans pleurs, il y arrivera aussi, mais sera moins coordonné : il sera nécessaire de l’aider à s’organiser.
  • En général, les périodes de sommeil ne sont pas des moments opportuns pour présenter le sein, mais le bébé posé en peau à peau sur sa mère, le nez et la bouche proche de la zone aréole-mamelon, peut faire des mouvements de recherche et de succion.

Le rythme des éveils, donc des tétées, reste très irrégulier, imprévisible, de jour comme de nuit. Les bébés ont tendance à se réveiller plus souvent entre 17 et 22h. Donc, il y aura plus de tétées dans cette période-là de la journée.

Après quelques semaines : l’allaitement à la demande.                

Sa demande devient à la fois plus variée et plus précise. Tantôt il se satisfait des bras, tantôt il a besoin de s’occuper par des interactions, tantôt il montre clairement qu’il désire le sein. Il devient alors pertinent de parler d’allaitement à la demande.

En effet, après quelques semaines (pour un bébé né à terme), la durée d’une période d’éveil excède largement le temps nécessaire à une tétée. Le bébé connaît mieux son environnement puisque, à chaque période de sommeil, il a mémorisé ses expériences.

Le bébé de quelques semaines connaît bien ce qu’il peut attendre et recevoir de sa mère et des personnes qui l’entourent. Sa demande devient à la fois plus variée et plus précise.

Les signaux assez automatiques et comparables du début se sont doucement transformés et différenciés, surtout si les parents ont pratiqué le parentage proximal, avec observation, reconnaissance et prise en compte de ses signaux.

Observez 10 dyades mère-bébé à la maternité : les signaux des bébés se ressemblent : ouverture de la bouche, mouvements de succion, recherche avec la tête… Il est simple de les montrer aux parents, même avec les photos d’un autre bébé.

Observez  10 dyades mère-bébé 3-4 semaines plus tard : la mère et le bébé ont cocréé une « chorégraphie » propre à eux qui leur permet de se comprendre. Et le bébé a évidemment sélectionné « ce qui fonctionne » et fait réagir ses parents. Par exemple,

  • les bébés de mère non-voyante vont privilégier les signaux tactiles et auditifs.
  • les bébés dont les parents ne réagissent qu’aux pleurs bruyants, « comprennent » qu’il faut produire des pleurs bruyants pour attirer un adulte.

 

Après quelques mois : l’allaitement « à l’amiable ».

On ne parle plus de période d’éveil, mais de « siestes » et de « nuits », plus ou moins longues et continues. Au cours d’une période d’éveil, le bébé est très expressif pour demander le sein et se fait bien comprendre. Mais si la réponse à sa demande tarde un peu, il est capable d’attendre un peu, et ce, d’autant plus que ses parents lui ont répondu rapidement dans les premiers temps où il en avait absolument besoin.

De plus, le bambin est progressivement capable de se représenter le monde extérieur, d’imaginer sa maman qui arrive, d’imaginer sa réponse totale à partir d’une réponse partielle destinée à le faire attendre.

Cet apprentissage progressif et positif de l’attente a plusieurs effets intéressants (outre celui d’offrir à sa mère un espace de négociation) :

  • le bambin se différencie d’elle et
  • admet un délai entre l’expression d’un désir et sa satisfaction.

Un atout indéniable pour la suite des évènements J

Plus tard encore, après le premier anniversaire, l’enfant apprend progressivement à manger en même temps que les adultes de sa famille ou de son groupe. À l’âge scolaire, l’uniformisation relative des horaires de repas facilitera la vie en société.

 

Cette vision évolutive : allaitement à l’éveil et aux signes, à la demande, à l’amiable, et acquisition progressive et par conditionnement, des rythmes sociaux, aide à envisager l’acquisition des rythmes alimentaires sur une longue période, en suivant les capacités de compréhension et d’adaptation de l’enfant.

Et délivre des pressions pour lui imposer « de bonnes habitudes » dès la naissance!

 

 

Ingrid Bayot est infirmière et sage-femme de formation belge ; elle a travaillé dans les différents domaines de la périnatalité. Elle a  obtenu en 2003 un Diplôme Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement (DULHAM) à la Faculté de Médecine de Grenoble. Elle a suivi diverses formations en communication et en psychologie. Elle est formatrice en périnatalité pour Co-Naître® depuis 1992 (www.co-naitre.net ) et assure des formations en périnatalité et allaitement au Québec et en Europe. Elle est consultante pour le CIUSSS de l’Estrie, chargée de cours à l’UQTR dans le programme de Pratique Sage-femme au Québec. Elle est l’auteure de nombreux articles et du livre Parents futés, bébé ravi, Ed. Robert Jauze. Site www.ingridbayot.com

 

standard

Le journal des PasSages du Printemps 2016 est enfin arrivé!

13.04.2016 Thématique: Actualités Aucun commentaire

Chers lecteurs, chères lectrices!

C’est avec un plaisir toujours renouvelé que nous vous présentons la 3ième édition du journal de l’association des étudiantes sages-femmes du Québec.

Ce journal est un projet qui prend de l’expansion grâce à votre intérêt et à nos nombreuses chroniqueuses et participantes. Nous vous réservons quelques belles surprises pour l’année à venir, restez à l’affût!

Pour le télécharger, cliquez ici: PasSages, Printemps 2016 (PDF)

Pour communiquer avec nous : melsagefemme@gmail.com

Bien à vous,

Mélanie B.

 

 

 

standard

Rebozo

12.04.2016 Thématique: Journal les PasSages, Volume 3 1 Commentaire

Je suis tombée dans les rebozos, comme Obélix dans la potion magique!

 

C’est en 2007 que nous nous sommes rencontrés, lors de ma formation de base en accompagnement à la naissance. Deux petites techniques et un grand coup de foudre! Je savais à ce moment-là que la prochaine formation que je m’offrirais serait à propos de l’utilisation du rebozo en périnatalité. Et c’est ce que je fis la même année.

 

Le mot rebozo signifie « châle » en espagnol. C’est un châle traditionnel mexicain utilisé dans la vie de tous les jours (accessoire mode, aide à transporter les provisions, porte-bébé ou hamac pour bébé…). Il est fort utile également pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale. Il est généralement tissé à la main en coton ou en soie, orné d’une frange à chaque extrémité et il n’est pas extensible. Ses dimensions peuvent varier de 1,50 à 3 m de long et de 60 à 75 cm de large. De nos jours, ils sont le plus souvent tissés mécaniquement, en acrylique.

 

Traditionnellement, le rebozo était offert par la mère à sa fille lorsque cette dernière se mariait et bien souvent entrait en même temps dans la maternité. Le choix de la fibre, des couleurs et des motifs représente la personnalité de la future maman. Le rebozo est une expression de l’art, de l’histoire et de la culture du Mexique. À une époque, on pouvait connaître le statut d’une femme dans la société à la qualité de son rebozo. Il est encore utilisé en milieu rural, mais peu présent dans les grandes villes.

 

Il facilite le transport de tout ce qu’on a besoin de transporter (des charges d’eau, du bois, des provisions…). Il aide à protéger le dos, ainsi qu’à protéger la grossesse.

 

Les sages-femmes traditionnelles utilisent le rebozo pendant la grossesse pour soulager les inconforts, lors de l’accouchement pour faciliter le travail et pour tous les soins destinés à la femme. La technique au rebozo la plus connue pratiquée par les sages-femmes traditionnelles mexicaines se nomme « Manteada » (bercement de l’abdomen avec le rebozo).

 

De cette première initiation avec le rebozo dans le contexte de la périnatalité, s’est ouvert à moi tout un monde de possibilités. J’ai découvert un savoir, un art. J’étais en amour avec ce bout de tissu qui devenait le prolongement de moi-même. C’est ce que j’aime dans l’utilisation du rebozo, c’est qu’il devient le prolongement de mes bras. Il me permet de toucher, de manipuler et de sentir l’énergie et les blocages sans toucher avec mes mains. Ce qui peut être pratique pour accompagner les femmes qui n’aiment pas le contact rapproché. Selon mon expérience, le rebozo permet un recul et cette distance est appréciée. Le rebozo, en devenant le prolongement de mes bras, facilite les manipulations tout en réduisant l’effort nécessaire pour les appliquer et tout en protégeant ma posture. Je pense ici à la compression des hanches pendant l’accouchement. Les femmes qui aiment qu’on presse très fort leurs hanches à chaque contraction nous demandent généralement de ne pas arrêter. Or, il est très forçant de le faire et de maintenir cette double pression à bout de bras, on se fatigue très vite. Avec l’aide du rebozo, il est très facile de le faire, pas forçant du tout et on peut même l’installer et le laisser en place.

 

J’ai suivi une formation en anatomie et périnatalité. Découvrant les os, les articulations, les ligaments du bassin, la physiologie de l’accouchement, la descente et les rotations effectuées par le bébé afin de naître; je me souviens très bien de l’éveil vécu à ce moment, sur toute l’importance de la mobilité pendant l’accouchement. À cette époque, un livre est venu enrichir mes apprentissages : Bouger en accouchant de Blandine Calais-Germain. Ce livre a été un moteur d’apprentissage magistral! Il venait compléter et approfondir mes connaissances en anatomie et confirmer l’importance de la mobilité pendant l’accouchement. Dès lors, le rebozo est devenu une véritable passion! Puisqu’il permet justement cette mobilité, peu importe la position ou le mouvement de la femme pendant l’accouchement. Ce fut une telle révélation que je n’ai plus jamais accouché ou vu un accouchement comme avant. C’est comme si je pouvais voir au travers du corps de la femme tout au long de l’accouchement. Avis aux intéressés, c’est selon moi deux formations qui se complètent très bien.

 

J’ai eu la chance d’être co-formatrice au Centre d’Études Périnatales de 2008 à 2011, où j’enseignais entre autres l’utilisation du rebozo. Le cursus présentait différentes techniques et principes d’utilisation. En parallèle, je poursuivais dans ma pratique de doula l’expérimentation du rebozo. Je l’utilisais avec mes clientes, mes amies enceintes, mon mari, mes enfants et bien sûr lors de mes propres grossesses et accouchements. Comme j’aime offrir des périodes de détente et d’énergisation en rencontres prénatales aux mamans que j’accompagne, je leur offrais de le faire en partie avec le rebozo en échange de leurs commentaires. C’est ainsi que j’ai pu parfaire plusieurs techniques apprises en formation ou en fouillant le web. Comme je suis autodidacte dans la plupart de mes apprentissages, le web offre une belle source d’information et d’inspiration. C’est suite à la fermeture du CEP en 2011 que des consœurs doulas qui me savaient passionnée par le rebozo m’ont demandé de monter une formation sur son utilisation étant donné qu’une telle formation n’existait pas au Québec. C’est ainsi qu’est né l’Atelier Rebozo en 2012. J’ai travaillé pendant un an à monter cette belle formation pratique présentant plusieurs techniques couvrant les périodes pré/per/postnatal, en plus du soin rebozo, des techniques de massage au rebozo et du portage. J’y partage toutes mes connaissances et ma passion!

 

En prénatal

Au cours de la grossesse, le rebozo est un allié de tous les jours.

Qu’il soit soutien, outil de détente et de relaxation ou encore tout simplement châle réconfortant; il permet de relâcher les tensions, de soulager certains maux de grossesse, de faciliter le quotidien et d’embellir notre ronde silhouette tout en conservant une bonne posture.

 

À l’accouchement

Lors de l’accompagnement à un accouchement, je ne m’en sers évidemment pas toujours, mais le rebozo est facile à traîner et je le sais disponible dans mon sac, au besoin. Pendant l’accouchement, le rebozo est un outil merveilleux permettant de faire des bercements, des effleurages, des étirements, des suspensions… Il facilite le positionnement ainsi que la mobilité (même sous péridurale)… On peut l’utiliser pour relancer le travail, pour repositionner le bébé, pour diminuer la douleur des contractions sans en diminuer l’efficacité, pour optimiser la poussée tout en protégeant le périnée. C’est un outil indispensable à avoir sous la main.

Esther-photoarticle2

Le rebozo est un outil polyvalent permettant de masser et de mobiliser le corps de la femme, que cette dernière soit assise, debout, couchée sur le dos ou sur le côté, à quatre pattes, sur un ballon, en suspension…

 

Un truc que je trouve bien utile lors de naissances, surtout en centre hospitalier, c’est de mettre le rebozo autour de la tête de la femme afin de réduire les bruits et autres sources de dérangements autour d’elle et lui permettre de rester centrée en elle-même et de préserver son contact avec son bébé. J’utilise aussi le rebozo pour relâcher des tensions et masser, voir bercer la femme (et son bébé!). Il y a ça de beau avec le rebozo, prendre soin de la femme ET de son bébé! Le rebozo est pratique également pour les suspensions en tout genre (debout, accroupie, assise). On peut passer le rebozo autour de nos épaules pour que la femme s’y suspende ou encore utiliser la barre de squat ou un cadre de porte. Il suffit de faire un nœud au bout du rebozo et de le coincer dans le haut d’une porte. On s’assure que la porte reste bien fermée et on tire très fort sur le rebozo pour que le nœud se coince fermement dans le haut de la porte. Ensuite la femme peut s’y suspendre si elle le désire. L’avantage de la porte selon moi est qu’on installe le rebozo et on le laisse en place. La femme peut l’utiliser à sa guise seule face à la porte ou encore dos à la porte en s’y pressant le sacrum. Du coup, on a les mains libres pour autre chose. Le rebozo peut être utile également au moment de la poussée pour les femmes qui ont besoin d’un second souffle à ce moment-là ou pour leur permettre de recentrer leur énergie.

 

En postnatal

La grossesse et l’accouchement ont agrandi le bassin à plusieurs niveaux. Le relâchement hormonal a permis une plus grande mobilité des articulations, une ouverture maximale de tout le bassin. Après l’accouchement, le rebozo est fort utile pour refermer le bassin en postnatal immédiat, ainsi qu’au cours des premières semaines suivant la naissance. Ce qui permet à la femme de retrouver son centre de gravité d’avant la grossesse et d’être soulagée des inconforts reliés au relâchement des articulations du bassin. On peut également utiliser un rebozo pour bander le ventre de la nouvelle maman afin d’éviter la sensation d’affaissement.

 

Soin Rebozo

Je ne peux pas vous parler du rebozo sans vous parler du Soin Rebozo. Il est offert à la nouvelle mère au minimum 40 jours après l’accouchement (ou n’importe quand par la suite lorsqu’elle se sent prête). Ce soin est un rituel permettant de marquer le retour à la vie quotidienne, la fin d’une étape. Il est généralement précédé d’un massage à 4 mains, parfois d’un bain aux herbes ou tout autre rituel ou symbolique important pour la mère. Il s’agit d’une fermeture physique, psychique et émotionnelle. Sept points de serrage sont alors réalisés sur le corps de la mère, permettant à celle-ci de se réapproprier son corps et de reprendre contact avec ce dernier. Un rituel de serrage peut également être fait 10 jours après l’accouchement afin d’aider la nouvelle mère à réintégrer ses limites corporelles, ramenant son ventre à l’intérieur de son corps, diminuant ainsi les troubles du postpartum (Baby Blues, dépression).

 

Portage

Le rebozo offre un portage en toute simplicité! Probablement le porte-bébé le plus facile d’utilisation! Faites un nœud et le tour est joué! Ajustable pour tous les porteurs (adultes, enfants). De la naissance à 2-3 ans et même plus! Idéal pour les portages de la vie de tous les jours. À avoir sous la main en tout temps! Dans la maison, au magasin, à l’épicerie, pour une petite ballade… Je le trouve agréable d’utilisation. Il m’a été très utile avec mes quatre enfants!

 

Esther-photoarticle3C’est avec plaisir que je vous ai présenté le rebozo. Si vous avez le goût de découvrir et d’explorer davantage ce bel outil, je vous invite à visiter la page FB de l’Atelier Rebozo. Deux formations vous y sont offertes, l’une sur l’utilisation du rebozo en périnatalité et l’autre sur les soins et rituels au rebozo. Au plaisir! J

 

standard

Le Projet de résidence des étudiantes sages-femmes sur GOFONDME!

6.11.2015 Thématique: Actualités, Non classé Aucun commentaire

L’énergie et le dynamisme sont débordants chez les étudiantes sages-femmes encore une fois cette année!

Vu la problématique au niveau de l’hébergement lors de nos études. un comité d’étudiantes formidables a décidé de mettre sur pied un lieu d’hébergement accessible aux ESF de tous les niveaux sous forme d’auberge autogérée.

Pour en savoir d’avantage et nous encourager, allez sur GOFUNDME et aimez notre page FACEBOOK!

 

logo

ALLO